Le musicien de l’herbe

On distingue entre les herbes un terrier de grillon. / © Benoît Perrotin

Safari au ras des pâquerettes sur les traces d'un virtuose casanier, le grillon champêtre.

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Quelques notes timides ont sonné à la mi-avril, un soir de printemps timide. Quatre jours plus tard, après un net redoux, le prologue a repris avec plus d'entrain. Au fur et à mesure que les herbes poussaient et que le soleil réchauffait le sol de la prairie, peu à peu l'orchestre s'est étoffé. Gri-gri-gri-gri, gri-gri-gri-gri . Cet après-midi, il n'est même plus possible de dénombrer les interprètes. Sont-ils dix, vingt ou trente cachés entre les touffes de fétuque et de pâturin ? Mystère. Car les grillons champêtres sont invisibles. Et si l'on s'avance vers eux, ils font silence et s'évanouissent dans un océan de sauges et de renoncules.
Explication ? Le grillon possède une maison creusée dans le sol où il peut se cacher en un clin d'œil. L'entrée est à demi dissimulée par une touffe d'herbe que l'insecte épargne quand il broute la verdure alentour. Ce seuil discret se prolonge à l'extérieur par une jolie terrasse soigneusement ratissée par son propriétaire. Quelques crottes fraîches témoignent parfois de sa présence. Car c'est sur cette esplanade que le grillon se tient pour chanter.
Voilà l'animal localisé. Pour le voir enfin, ne bougeons plus et attendons. Notre affût au grillon vient de commencer. Il ne devrait pas durer plus d'une ou deux minutes.

Couverture de La Salamandre n°216

Cet article est extrait de la Salamandre
n° 216
Juin - Juillet 2013
Article N° complet

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