Un escargot ultra-résistant à la chaleur

Les escargots de mers Echinolittorina hawaiiensis sont soumis aux rayons du soleil. / © Forest et Kim Starr

Pour survivre aux chaleurs de l’été, les escargots terrestres s’enferment dans leur coquille et tombent en léthargie. Plus fort encore, l’escargot de mer Echinolittorina malaccana résiste à plus de 55°C grâce à la structure d’une de ses protéines.

Avatar de Nathalie Jollien
- Mis à jour le
Publié par

A marée basse, certains escargots de mer restés sur le rivage doivent endurer les rayons du soleil. L’escargot Echinolittorina malaccana peut par exemple supporter une augmentation de température de plus de 55°C. La température de leur corps monte alors en flèche. Intuitivement, on peut penser qu’une telle chaleur dessécherait le pauvre gastéropode et causerait sa perte.

A marée basse, les escargots de mer accrochés aux rochers prennent le soleil. / © James St. John

Echinolittorina malaccana, l'espèce étudiée résistante à de très hautes températures. / © H. Zell

Intrigué par cette remarquable résistance, les chercheurs chinois Ming-ling Liao et Shu Zhang de l’Université de Xiamen ont cherché à savoir comment ces mollusques peuvent résister à de si hautes températures. Les scientifiques ont donc comparé l’espèce spécialement résistante E. malaccana à une deuxième espèce d’escargot de mer n’ayant pas cette capacité, E. radiata.

Leur étude parue fin mai dans la revue Journal of Experimental Biology révèle que le corps de l’espèce E. malaccana contient notamment une protéine à la structure particulière qui lui confère une haute résistance à la chaleur. Cette particularité permet à la protéine de rester active, alors que les autres types de protéines se désintègrent.

Et sur terre ?

Qu’en est–il pour leurs cousins, les escargots terrestres ? Même si les températures auxquelles ils sont soumis n’atteignent pas les extrêmes cités plus haut, ils ont également développé des astuces de protection pour résister aux chaleurs de l’été.

Première option, se mettre à l’ombre. Sous des feuillages ou carrément sous terre. Quand il fait trop chaud et sec, ils rentrent dans leur coquille qu’ils peuvent fermer grâce à une porte étanche. Appelée opercule ou épiphragme, cette structure temporaire qu’ils sécrètent eux-mêmes permet à l’animal de se protéger contre la chaleur extérieure et de réduire ses pertes d’humidité. Elle peut être formée de mucus ou de calcaire et laisse passer l’air mais pas l’eau. Notez que les mollusques marins peuvent aussi produire ces opercules.

Cet escargot de Bourgogne a formé une opercule à l'entrée de sa coquille pour se protéger de la chaleur. / © Hannes Grobe

Estivation

Pendant les périodes les plus chaudes et les plus sèches, les escargots sont également capables d’entrer en léthargie, dans une sorte d’hibernation en plein été appelée estivation. Ils reprendront leurs activités lorsque la pluie ou une augmentation de l'humidité ambiante les réveillera.

Pour en apprendre plus sur l’escargot terrestre, parcourez notre dossier complet : un alien au jardin. Photos vidéos, anatomie et autres curiosités.

Réagir