Le regard qui tue – étape#53

© Jean-Philippe Paul

En un éclair, tous les oiseaux de la mangeoire fuient dans la haie. En cause, le prédateur le plus rapide du jardin : l'épervier.

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Avec des cris aigus de panique générale, les cinquante gourmands ont disparu en une fraction de seconde. L'instant d'avant, ils se régalaient goulûment. Lequel d'entre eux a sonné l'alerte ? Une mésange bleue qui faisait le guet dans l'aubépine ? Le geai au sommet du frêne ? Impossible à dire. Mais le vigile attentif a assurément sauvé une vie, car l'épervier furtif a raté sa cible.

Le rapace spécialiste de la chasse aux petits passereaux s'est posé dans un chêne à quelques trente mètres de la mangeoire. Ses yeux jaunes perçants en disent long sur ses intentions. Il va récidiver. Je décide alors de sortir pour le dissuader. Je n'ai pas vraiment d'argument pour expliquer ce choix partisan. Après tout, il a aussi le droit de se nourrir... et puisque je concentre toutes les proies potentielles du quartier dans mon jardin, je devrais assumer cette fatalité. Trop tard pour changer d'avis : le sparrowhawk - faucon des moineaux - comme disent les Anglais, fuit à son tour dans le bois sombre. Il s'agit d'une femelle, à en juger par sa taille imposante et ses couleurs ternes.

Petit à petit, tarins, grosbecs, bouvreuils, pinsons et mésanges reprennent place sur le plateau repas.

Le 6 février 2018 - étape#53

Suivez désormais chaque quinzaine ce voyage plein de surprises 100 % nature entre le jardin et le pas de la porte. Chaque fois, c'est une observation véritable, datée, localisée et illustrée dans ce carnet de route.

Retrouvez l'étape#52 Une bougie dans le sous-bois

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