En suivant les comètes

© Cyril Girard editions-mediterraneus.fr

Il nage sans relâche, guidé par son estomac. Le poisson-lune serait un indicateur très fiable de l’abondance des méduses.

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Que peut bien avaler une si petite bouche ? Une nourriture plutôt variée, preuve de la grande gamme de profondeurs que Mola mola fréquente. Calmars, crustacés, éponges et jeunes poissons garnissent son menu. Car derrière l’orifice insignifiant, la bouche de la môle abrite une mâchoire robuste équipée de dents efficaces. Les coquilles des proies sont brisées sans peine et leurs chairs déchiquetées avec tout autant d’aisance.

Aileron de poisson-lune à la surface de l'eau

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Les proies les plus fréquentes restent les organismes transparents du zooplancton gélatineux. Kézako ? Les méduses ! Mais aussi certains de leurs cousins comme les cténophores et des salpes. Autant dire un menu fretin très majoritairement constitué d’eau. Le poisson-lune doit donc en avaler des quantités prodigieuses pour vivre et croître sans cesse. L’équivalent de 70 kg de ration quotidienne pour un spécimen de 120 kg.

Poisson-lune dévorant les vélelles en surface

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Par chance pour leur prédateur, les méduses sont une ressource abondante, voire illimitée. Derrière cette fausse bonne nouvelle se cache un déséquilibre inquiétant pour la faune marine. La majorité des poissons victimes de surpêche déclinent en cédant leur niche écologique et leurs ressources alimentaires aux méduses.
Sans surprise, ces dernières prospèrent dans toutes les mers du monde et profitent en plus du réchauffement climatique. Selon les chercheurs de l’observatoire Pelagis de La Rochelle, Mola mola bénéficie de ces bouleversements et est par exemple de plus en plus nombreux dans le golfe de Gascogne et en Bretagne. Bon point pour une espèce trop souvent victime des filets de pêche et autrefois considérée comme menacé. Mauvais point pour les pullulations problématiques de méduses que son abondance met en lumière.

Menu fruits de mer

Schéma de la nage du poisson-lune

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A deux rames

Derrière une apparence étrange de tête nageuse se cache un voyageur efficace capable de parcourir 1800 km en une saison d’hiver à la vitesse moyenne de 20 km par jour.

Couverture de La Salamandre n°247

Cet article est extrait de la Salamandre
n° 247
août - septembre 2018
Article N° complet

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