Les nouveaux oiseaux

Dans son édito de La Salamandre n°235, Julien Perrot s'inquiète de la multiplication de drôles d'oiseaux de métal: les drones. Leur bourdonnement ne vous devient-il pas de plus en plus familier?

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Hirondelles, alouettes et même les moineaux… La liste des oiseaux ordinaires qui se raréfient à grande vitesse ne fait que s'allonger. Heureusement, si comme moi cela vous inquiète, j'ai deux bonnes nouvelles. La première, c'est qu'une majorité de la population ne se rend absolument pas compte de cette évolution dramatique. Tant que l'herbe est verte et les arbres debout, la nature se porte bien et cela ne gâchera pas leur prochain week-end.
La seconde bonne nouvelle, c'est que si ces espèces sont incapables de résister à nos campagnes uniformisées, à nos jardins aseptisés, à nos micropolluants en série ou encore à la chute généralisée du nombre d'insectes, d'autres sont en train de prendre leur essor. Par bonheur, ces nouvelles variétés volantes sont infiniment mieux adaptées à notre monde moderne. Pour preuve, leur population croît rapidement avec déjà plus de 20 000 individus en Suisse et 300 000 en France.
Bienvenue au XXIe siècle et longue vie aux drones ! Qu'importe si ces petits aéronefs téléguidés, fabriqués pour la plupart en Chine, posent de multiples problèmes de sécurité, de respect de la vie privée, d'assurances en cas d'accident ou encore de pollution sonore. Les nouvelles possibilités qu'ils offrent dans de nombreux domaines sont tout simplement fascinantes. Rien n'arrête le progrès, dit-on. D'ailleurs, ces drones désormais indispensables sont bien plus utiles que les oiseaux de l'ancien temps.
Ah bon ? Moi, le bourdonnement croissant de toutes ces hélices de plastique a plutôt pour effet de m'inquiéter. Un jour, des terroristes pourraient frapper avec ces engins miniaturisés. Dans un autre domaine, j'attends avec appréhension le premier échec d'une nichée de gypaète barbu ou de vanneau huppé dérangée par le drone d'un photographe sans scrupule. Vous verrez, cela ne saurait tarder...

Couverture de La Salamandre n°235

Cet article est extrait de la Salamandre
n° 235
août - septembre 2016
Article N° complet

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