Cabanes et accrobranche

Murin de Bechstein, un forestier aux grandes oreilles. / © Jean Chevallier

Gîte, perchoir ou restaurant à insectes, l'arbre compte beaucoup dans la vie des chiroptères. Certains quittent même rarement leur forêt.

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Juillet, Bois de l'Hôpital au-dessus de Neuchâtel. Ce soir, la lune éclaire la forêt qui domine la ville et le lac. On entend le grillon des bois, un chant lointain de chouette hulotte et, plus près, quelques bruissements de feuilles mortes qui trahissent un mulot sylvestre. Soudain, une ombre file entre les hêtres. Puis une autre. Des chauves-souris poursuivent leurs proies. Ce sont des murins de Bechstein aux grandes oreilles typiques. Une espèce rare dans le pays.

Retour au logis

En voici un qui se pose un instant dans le houppier, puis reprend son vol. Il a peut-être capturé un opilion. L'autre poursuit au vol un petit papillon de nuit, probablement une noctuelle. Le ruisseau et la lisière voisine enrichissent la diversité de proies disponibles. Après une heure de virevoltes et zigzags boulimiques, il est temps de faire une pause. L'un des deux chasseurs rejoint une cavité dans un chêne. Une ancienne loge de pic mar au diamètre d'entrée trop étroit pour que la martre puisse faire une intrusion mortelle. Cela fera parfaitement l'affaire pour quelques jours et quelques nuits. C'est que les murins de Bechstein changent 40 à 50 fois de gîte au cours d'une seule saison.

Menace sur les murins

Il en faut des vieux arbres, des troncs morts et des écorces décollées pour abriter toute la tribu. Surtout que la colonie lâche est assez casanière et fidèle à son domaine vital de 100 à 300 hectares. Un timbre-poste à l'échelle du paysage. Alors, quand résonnent les tronçonneuses en hiver, une menace plane sur les murins. Trouveront-ils encore assez de cavités ? Leurs terrains de chasse favoris seront-ils toujours aussi foisonnants d'invertébrés goûteux ? Réponse entre les mains des gestionnaires forestiers.

Suivre les lignes

Beaucoup d'espèces évitent la végétation dense et préfèrent les lisières, les haies, les chemins forestiers et les alignements d'arbres. Petit rhinolophe, murins à moustaches et de Brandt et oreillards sont des spécialistes de la chasse dans un feuillage épais.

Des chauves-souris en forêt

© Eric Médard

 Typiquement noirâtre, la barbastelle d'Europe est une des espèces les plus forestières. Son gîte préféré ? Une écorce décollée de chêne mort. Même lorsqu'elle s'adapte au bâti humain, elle recherche le bois sous toutes ses formes : poutre, planche, bardage ou volet…

Pour en savoir plus

Jean-Christophe Gattus, du réseau mammifères de l’ONF, nous en dit plus sur ces chauves-souris qui ont un faible pour la forêt.

Couverture de La Salamandre n°230

Cet article est extrait de la Salamandre
n° 230
Octobre - Novembre 2015
Article N° complet

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