Dans la peau d’un cinéaste naturaliste

© Nuno Dionísio

Onze jeunes ont réalisé une web-série documentaire sous la houlette de Pro Natura Fribourg. Coup de projecteur sur une initiative originale.

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« Ça tourne… » , crie Marek Bourquard, caméra pointée en direction de son ami Samuel Kregic. « Scène 1, prise 1. Action ! » , répond ce dernier, avant de se prêter à un petit jeu d’acteur : fixer l’objectif quelques secondes, puis baisser lentement le regard vers ses pieds. « Couper ! », lance finalement Marek.

« Cette séquence fera l’ouverture du film. Au montage, nous donnerons l’impression que la caméra plonge dans le sol de manière à faire le lien entre notre réalité et celle qui se trouve sous nos semelles, explique Samuel. Nous voulons que le public sache que le monde sous-terrain est peuplé de millions d’êtres très utiles et dont les humains doivent prendre soin. »

Samuel, Marek et son cousin Colin travaillent depuis un an sur un minidocumentaire nature consacré à la vie du sol. Comme eux, huit jeunes âgés de 14 à 18 ans préparent des courts-métrages sur des thèmes aussi variés que la parade nuptiale du grèbe huppé, un arbre remarquable baptisé l’Obélix, le martinet à ventre blanc ou l’Auried, une zone humide protégée. Il en résultera une web-série intitulée Caméra Nature, avec cinq épisodes d’environ quatre minutes chacun.
Initier des adolescents au métier de cinéaste naturaliste, c’est l’idée de Pro Natura Fribourg. L’objectif : encourager ses jeunes membres à poursuivre leur engagement écologiste à un âge où leur attention est sollicitée de toute part. « Le cinéma est un mode d’expression qui parle aux jeunes. A travers ce média, il devient facile de les motiver à s’investir pour l’environnement », avance Nuno Dionísio, scénariste et accompagnateur jeunesse à Pro Natura Fribourg.

Une image, même très belle, ne vaut rien si nous dérangeons la nature.

Les participants apprennent non seulement à se documenter sur leur sujet, mais aussi à maîtriser les compétences techniques liées aux tournage, montage et mixage d’un film. « Cette expérience formatrice leur fait prendre conscience qu’ils peuvent avoir un rôle actif dans la protection d’un animal ou d’un écosystème », estime le réalisateur Baptiste Janon. Encadrés par ces deux professionnels et des biologistes, les cinéastes en herbe découvrent toutes les ruses pour capter la vie privée de la flore et de la faune. Caméra nocturne, piège photographique, affût, téléobjectif… mais surtout une règle d’or. *« Une image, même très belle, ne vaut rien si nous dérangeons *la nature », insiste Baptiste Janon.
Quant à Marek, Samuel et Colin, ils sont sur le point d’achever le tournage de leur production. Le jour suivant, ils filmeront des collemboles, des vers de terre et autres racines grâce à des profils de sol et une caméra macroscopique. Ils profiteront aussi de l’expertise de l’agronome Gerhard Hasinger, pionnier du conseil en agriculture biologique en Suisse romande. La série Caméra Nature devrait être diffusée cet hiver sur Internet et peut-être bientôt sur grand écran.

Ensemble pour le Renard dans le Doubs.

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Cet article est extrait de la Salamandre
n° 249
Décembre 2018 - Janvier 2019
Article N° complet

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