Dans la cité interdite

Des bourdons s'activent dans leur palais de cire et de nectar. / © Benoît Perrotin

La ville des bourdons est un mystère vivant, une boîte noire dont on n’a pas encore élucidé tous les mystères. Glissons-y un coup d’œil…

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12 mai Partout des bourdons vont et viennent sur les fleurs des arbres fruitiers, des pissenlits, des lamiers, des trèfles… La campagne explose de couleurs et de parfums. C’est la fête ! Pourtant, depuis la naissance des premières ouvrières, la reine n’a plus effectué qu’un ou deux vols à l’extérieur. Ce sont maintenant ses filles qui prennent tous les risques, qui prospectent les environs dans un rayon d’un kilomètre, qui rentrent le jabot plein de nectar et les corbeilles lourdes de pollen.
Une grande part de la vie des bourdons a lieu dans leur nid et nous est totalement inaccessible. Stimulés par ce mystère, des naturalistes anglais sont parvenus au début du XXe siècle à installer des reines dans des nichoirs artificiels, puis à étudier les mœurs secrètes du royaume des bourdons. Aujourd’hui, on peut même acheter des colonies qu’il est possible d’observer à travers une vitre. Voilà comment notre dessinateur Benoît Perrotin a pu réaliser la planche ci-contre. Dans cette cité qui sent la cire et le nectar, il fait chaud, ça bourdonne sur plusieurs tons. Une foule d’insectes s’affairent à leurs tâches sur fond de cellules de cire de couleur corn-flakes.

© Benoît Perrotin.

A force d’expériences, les scientifiques ont découvert que la répartition des tâches n’est pas rigide. En général, les jeunes ouvrières restent plutôt à l’intérieur… mais en fait tout dépend des besoins de la colonie. Si on enlève artificiellement des butineuses, des ménagères vont prendre la relève à l’extérieur. Si on ajoute du pollen et du nectar dans les réserves, les bourdons seront moins nombreux à sortir. Si on ne rajoute qu’un des deux aliments, les ouvrières ramèneront surtout l’autre en ajustant le contenu de leurs livraisons au plus proche des besoins de la cité. Quant à la reine reconnaissable à sa grande taille, elle continue de pondre en accomplissant sa part des tâches domestiques.

Couverture de La Salamandre n°226

Cet article est extrait de la Salamandre
n° 226
Février - Mars 2015
Article N° complet

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