Le renard est dangereux, vrai ou faux ?

Acarien causant la gale du renard / © Eye of Science / Bios

Renard, depuis la fin de l’épidémie de rage, tu vis tout près de nous. Faut-il s’en inquiéter ?

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En 1967, la rage vulpine atteint la Suisse. L’année suivante, le virus redouté franchit la frontière française à dos de renard, décimant dans tout l’est du pays les trois quarts des goupils. Pour lutter contre cette maladie mortelle pour les animaux domestiques comme pour l’homme, un plan d’éradication du principal vecteur est organisé à large échelle. Gazage des terriers, appâts empoisonnés… Mais cette véritable guerre contre les renards ne fait qu’accélérer la propagation de la maladie. Ce qui fera finalement disparaître la maladie d’Europe occidentale? Des campagnes de vaccination systématiques pratiquées avec des appâts et testées pour la première fois en Suisse en 1978.
Aujourd’hui, fort heureusement, le renard ne risque plus de nous contaminer avec cette terrible maladie. Quant à la gale qui le touche durement dans certaines régions, elle ne peut pas se transmettre à l’homme. Reste l’échinococcose, une maladie qui peut nous toucher via ses crottes ou celles d’un chien. L’infection est très dangereuse mais très rare.
Par conséquent, que le renard ait colonisé nos villes et nos quartiers résidentiels ne doit pas nous faire peur. S’il s’établit dans un jardin, qu’il y fait quelques dégâts ou qu’on veut l’éloigner du potager, il suffit de ne plus laisser traîner aucune nourriture, de placer des lumières extérieures automatiques, voire d’utiliser des produits répulsifs. Et surtout, ne jamais le nourrir. Une enquête menée en ville de Bristol a révélé que 10% des personnes interrogées ravitaillaient le rouquin. Mais le renard est un animal sauvage qui doit le rester… à distance prudente de l’homme. En apprivoiser un, c’est souvent précipiter sa fin.

Le renard est dangereux, vrai ou faux ?

© Eye of Science / Bios

Renard ou la rage de vivre

Principal vecteur de la forme de rage qui a sévi chez nous à partir de la fin des années 1960… le renard en a aussi été la principale victime, que ce soit directement par le virus (> photo)ou par les gigantesques et inutiles campagnes d’extermination dont il a fait l’objet. Car comment goupil réagit-il à une chute de population ? Les femelles rescapées augmentent la taille de leurs portées et les jeunes se dispersent d’autant plus loin. Les massacrer va exactement à l’encontre du but recherché. Aujourd’hui, la rage est toujours présente dans l’est de l’Europe et tue chaque année des milliers de personnes dans le monde.

Le renard est dangereux, vrai ou faux ?

© Emmanuel Lattes / Bios

Crotte piégée

Quand tout se passe comme prévu, le minuscule ver Echinococcus multilocularis se reproduit dans l’intestin des renards et des chiens, parfois des chats. Ses œufs sont expulsés via leurs crottes. Des semaines, voire des mois plus tard, ils peuvent être accidentellement avalés par un rongeur, en général un campagnol. Les larves du parasite migrent alors dans son foie en attendant que le micromammifère soit dévoré par un autre carnivore. Mais si une crotte infectée souille par exemple une fraise des bois et que celle-ci est dévorée par un humain, il y a de faibles chances que le parasite migre dans son foie et qu’il y prolifère en détruisant peu à peu l’organe. Sans dépistage précoce, ablation de la partie infectée, chimio musclée ou greffe, c’est la mort assurée après parfois dix à quinze ans. Un vrai cauchemar !

© Eye of science / Bios

Peau de chagrin

La gale du renard est provoquée par un acarien qui prolifère dans les couches superficielles de sa peau en provoquant la chute des poils, d’abominables démangeaisons, des croûtes et des infections sur tout le corps et finalement la mort de l’animal. Pratiquement disparue au moment de la grande épidémie de rage, cette maladie est réapparue dans nos contrées à la fin des années 1990. Elle peut se transmettre à des chiens chez qui on la traite facilement. Mais attention : un renard qui perd ses poils peut simplement être en train de muer.

Couverture de La Salamandre n°231

Cet article est extrait de la Salamandre
n° 231
Décembre 2015 - Janvier 2016
Article N° complet

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