Comment les crapauds retrouvent-ils leur étang au printemps ?

© Mathieu Foulquié / Biosphoto

Chaque années les amphibiens retrouvent leur lieu de naissance comme par miracle, mais comment font-ils ?

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Après avoir passé l’hiver à l’abri du gel, dans une cavité terrestre, les amphibiens reprennent leurs activités lorsque le sol se réchauffe. Ils cherchent un plan d’eau pour se reproduire. Pour s’orienter, ils sont par exemple capables de détecter le champ magnétique terrestre pour tenir un cap vers leur cible. Cette boussole est bien pratique mais n’est pas infaillible.
Pour affiner la trajectoire, l’animal se fie à son nez. L’odeur spécifique d’un plan d’eau peut être liée aux végétaux qui s’y trouvent, mais aussi aux traces que les amphibiens ont pu y laisser. Les tritons et les **anoures*** chanteurs utilisent aussi l’audition et filent en direction des voix de leurs congénères déjà arrivés. De façon secondaire, la vue peut intervenir aussi, en utilisant des repères célestes.

Anoure

Ordre d’amphibien regroupant les grenouilles et les crapauds dont la larve appelée têtard est aquatique et dont l’adulte, dépourvu de queue, est souvent apte au saut. Les tritons et les salamandres font quant à eux partie de l’ordre des urodèles.

Rejoignent-ils forcément leur lieu de naissance ?

Non, pas toujours. Si les mares ou étangs sont très peu nombreux, crapauds et grenouilles sont parfois contraints de revenir se reproduire dans l’étang où ils sont nés. Mais si le paysage est riche en plans d’eau, les jeunes âgés d’un an vont se disséminer et coloniser d’autres sites pour leur première reproduction. C’est mieux pour le brassage génétique des populations. Les individus qui préfèrent leur site de naissance sont dits philopatriques. Ceux qui préfèrent voir du pays sont qualifiés de dispersants.

Chaque espèce a donc sa stratégie ?

Complètement. Les amphibiens présentent une grande diversité de modes de vie. Le sonneur à ventre jaune, par exemple, est un pionnier. Ce crapaud recherche des points d’eau où il sera le seul occupant. D’autres, comme les tritons, la rainette verte, le pélodyte ponctué ou le crapaud calamite, préfèrent des mares temporaires dépourvues de poissons prédateurs. Cela les contraint à être assez nomades et à parcourir de grandes distances d’une année à l’autre. Les crapauds communs ou les grenouilles, quant à eux, supportent assez bien les poissons. Ils profitent alors de grands étangs permanents où la nourriture est abondante.
Pour finir, je précise que, selon le contexte local, une partie des grenouilles et des tritons rejoignent parfois les plans d’eau en automne plutôt qu’au printemps, afin de passer l’hiver au fond de l’eau.

Découvrez notre dossier sur le silence des grenouilles.

Couverture de La Salamandre n°245

Cet article est extrait de la Salamandre
n° 245
avril - mai 2018
Article N° complet

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