Comment les chauves-souris passent-elles l’hiver ?

© Ingo Arndt / Biosphoto

Pascal Moeschler, spécialiste des chauves-souris nous dévoile le secret de ces mammifères volants pour passer la mauvaise saison.

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Dans nos régions, ces animaux se nourrissent exclusivement d’insectes, des proies totalement absentes durant l’hiver. Trois solutions s’offrent alors à eux pour survivre : migrer vers le sud où les insectes sont toujours présents, changer de régime alimentaire ou accumuler des réserves puis économiser leur énergie en hibernant. De par leur souplesse physiologique, les chauves-souris ont choisi l’hibernation.

Hibernation nom féminin

Hypothermie régulée, de durée plus ou moins longue, permettant l’économie d’énergie. Le métabolisme ralentit et puise dans les stocks de graisse accumulés préalablement. A ne pas confondre avec hivernation, une somnolence hivernale agitée de nombreux réveils avec une hypothermie plus modérée, adoptée par exemple par l’ours ou le blaireau.

Où s’abritent-elles durant cette période difficile ?

Pour passer la mauvaise saison au calme et en sécurité, les chiroptères choisissent des grottes ou des cavités dans les arbres. Ils évitent les prédateurs en s’accrochant en hauteur, la tête en bas. Ils disposent de pattes spéciales pour réussir cette acrobatie. Chez eux, c’est l’ouverture du membre qui demande un effort et non sa fermeture. En dormant suspendus, ils gardent ainsi leurs doigts serrés et minimisent leurs dépenses énergétiques tout en s’assurant une solide attache, et ce même en sommeil profond.

Le réchauffement climatique influence-t-il l’hibernation de ces mammifères ?

Souterraines, les grottes possèdent leur propre microclimat. Dans ces espaces confinés, il est difficile de détecter une influence directe de la température extérieure. Cependant, depuis quelques années, certaines espèces méridionales partent conquérir de nouveaux territoires plus au nord. Nous ignorons encore si cela est lié au réchauffement climatique global.

Toutes les espèces de chauves-souris hibernent-elles ?

Si les trente espèces de nos régions utilisent cette stratégie, chacune le fait avec ses particularités. Certaines choisissent des zones fraîches, d’autres des secteurs plus chauds. Quelques-unes hibernent en groupe, comme les minioptères de Schreibers dont les rassemblements peuvent aller jusqu’à 10 000 individus.

Que se passe-t-il physiologiquement ?

Championnes de l’économie d’énergie, les chauves-souris passent d’une fréquence cardiaque de 400 pulsations par minute en activité à 15 en hibernation. Des pauses respiratoires d’une demi-heure sont courantes.

Dans cet état de torpeur, elles sont très sensibles au dérangement…

Il est très dangereux pour elles de se réveiller avant l’heure. Lorsqu’elles font leurs réserves en automne, elles stockent la quantité juste suffisante pour passer l’hiver. Si elles sortent précocement d’hibernation, elles gaspillent de l’énergie et risquent la mort.

Pour aller plus loin, découvrez notre dossier ni chauve ni souris.

Couverture de La Salamandre n°243

Cet article est extrait de la Salamandre
n° 243
Décembre 2017 - Janvier 2018
Article N° complet

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