Immense clôture contre les chats errants

Une immense clôture entourera une aire refuge dans le désertique outback australien. / © John Cooke

Une aire refuge de 69 000 hectares entourée de clôture se construit dans le centre du pays. Une dizaine d’espèces animales victimes de la prolifération des chats sauvages y seront introduites.

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Le gouvernement australien s’est lancé dans un énorme chantier. Il a autorisé la construction d’une clôture électrifiée de 180 cm de haut sur une longueur de 185 kilomètres. Sensée être infranchissable pour les chats sauvages, elle délimitera une zone refuge de pas moins de 69 000 hectares au nord-ouest de la ville d’Alice Spring, dans le désertique outback australien. En ce mois de juin 2017, 19 kilomètres de barricade ont déjà été installés, indique un communiqué de l’ONG en charge du projet, Australian Wildlife Conservancy (AWC).

Chats importés

Immense clôture contre les chats en Australie - La Salamandre

© Firegrind

En Australie, les chats domestiques retournés à la vie sauvage, appelés chats harets, sont considérés comme un véritable fléau pour l’écosystème. Arrivé sur le continent avec les colons européens il y a de ça deux siècles, les petits félins se sont vite répandus. Selon une étude, publiée en janvier 2017 dans la revue scientifique Biological Conservation, les chats harets seraient présents sur plus de 99,8 % du territoire de ce pays, îles comprises. De plus, la proportion de chats est identique à l'intérieur et à l'extérieur des réserves naturelles. De quoi miner sérieusement les efforts de conservation de la faune.

Immense clôture contre les chats en Australie - La Salamandre

© Dilettantiquity

Un constat inquiétant quand on sait les dégâts que ce carnivore peut causer. Gregory Andrews, commissaire des espèces australiennes menacées, rappelait au magazine Science et Avenir que « les chats harets sont pour l'instant responsables de l'extinction d'au moins 20 espèces de mammifères australiens ».

« Concrètement, tous les mammifères de petite à moyenne taille, en particulier dans le centre de l'Australie, ont vu leurs nombres chuter de façon dramatique » déclarait à l'AFP Atticus Fleming, directeur général d'AWC. « A l’époque des premiers explorateurs, le bush australien regorgeait de petits animaux, poursuit-il. Mais les chats sauvages et les renards, ont volé la vie sauvage indigène. Une bonne partie du centre de l'Australie est désormais un désert en ce qui concerne les marsupiaux ».

Numbat, bettongie et bandicoot

En conséquence, dès le début de l'année 2019, le projet d’AWC prévoit la réintroduction d'une dizaine d'espèces de mammifères australiens qui survivent actuellement sur des îles ou des zones protégées. Les premières espèces concernées sont le numbat, un fourmilier marsupial et le wallaby des rochers. Suivrons le chat marsupial de Geoffroy, le bettongie à queue touffue et le bilbi, un bandicoot aux grandes oreilles.

En parallèle, les autorités envisagent de mener une véritable chasse aux sorcières afin de débusquer les chats harets présents dans la zone. Environ 500 chats devraient donc être attrapés et tués selon une estimation mentionnée par le journal australien The Nation.

Chez nous aussi, le chat peut faire de gros dégâts. Zoom sur ce prédateur efficace dans notre article.

Découvrez en dessin, une belle observation de chat forestier.

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