Carnet rose… ou noir

Bébé escargot fraîchement sorti de son œuf / © Gilbert Hayoz

Les jeunes escargots naissent dans une obscurité tiède et humide. Mais entre frères cannibales et prédateurs en surface, le carnage est programmé.

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A l'abri sous terre, les petits pois blancs brunissent peu à peu. Pendant ce temps, les embryons se développent en dévorant les réserves contenues dans leur œuf. Après une à trois semaines selon la température, le grand moment est arrivé. La coquille se craquelle et bébé escargot pointe vers le monde le bout de ses tentacules. Il est entièrement translucide à part les deux canaux nerveux reliés aux yeux qui dessinent deux lignes. Sous sa coquille, on voit un petit cœur qui bat. Alors, fille ou garçon ? Les deux très certainement…

Miracle sous terre (bis !): Une à trois semaines après la ponte, de minuscules colimaçons se glissent hors de leur coque. Dévorer les œufs un peu en retard augmente leurs chances de survie. / © Gilbert Hayoz

Le minuscule nouveau-né a une urgente faim de calcium. Pour renforcer sa maisonnette, il commence par dévorer la coque dont il vient de sortir. Puis, souvent, il s'attaque à d'autres œufs dont il ronge soigneusement enveloppe et contenu. Croquer quelques-uns de ses frères cadets est un bon moyen d'augmenter ses chances de survie. Chez les escargots, c'est naturel. Finalement, après une semaine passée dans son nid, le jeune mollusque se glisse entre les mottes de terre jusqu'à la surface.

Carnage programmé sur les bébés escargots

Bébé escargot à taille réelle sur un pouce humain. / © Gilbert Hayoz

Là-haut, mauvaise surprise ! Avec une taille minuscule et une coquille molle comme du marshmallow, bébé escargot est la proie potentielle d'un nombre invraisemblable d'animaux. Il essaie de s'en tirer en vivant planqué dans la litière ou perché sur des plantes. Et surtout, il mange, il mange, il mange pour grossir au plus vite. En quatre mois, quelques rares survivants auront multiplié leur diamètre par cinq. Félicitations à ces heureux jeunes propriétaires d'un manoir à peu près sécurisé.

Couverture de La Salamandre n°221

Cet article est extrait de la Salamandre
n° 221
Avril - Mai 2014
Article N° complet

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