Oiseaux numérisés

© Julien Perrot

Carmen Bessa-Gomes, ornithologue, nous explique l'étude du comportement des oiseaux mise en place grâce au programme de sciences participatives Birdlab.

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Tout le monde peut aider les scientifiques ? Carmen Bessa-Gomes, racontez-nous BirdLab...

Ce programme de science participative vous propose de recenser les oiseaux présents à la mangeoire et d’étudier leur comportement. Effectivement, tout le monde peut contribuer à ce projet. Il suffit d’avoir accès à des mangeoires et d’installer l’application BirdLab sur son smartphone. Ce logiciel permet de s’entraîner à identifier les espèces, d’envoyer ses observations et de suivre les résultats du programme.

Quelles sont vos premières conclusions ?

Nos analyses débutent à peine. Toutefois, certains traits comportementaux émergent déjà des observations. La mésange bleue, par exemple, a un caractère très pionnier: elle arrive souvent la première à la mangeoire avant d’être accompagnée par d’autres oiseaux. Le pinson des arbres, au contraire, préfère se nourrir seul. D’autres espèces, comme la tourterelle turque, sont très compétitives et chassent les autres oiseaux.

Oiseaux numérisés - La Salamandre

© Ambroise Héritier

Les données collectées permettent-elles de dresser un état des populations de passereaux ?

Nous avons pu mettre en évidence un effet très négatif de l’urbanisation sur ces oiseaux : 7 % de surface bétonnée autour des mangeoires suffisent pour réduire le nombre d’espèces observées.

L’expérience est donc à poursuivre…

Oui, mieux connaître le comportement des oiseaux permet de bien les protéger, notamment en ville. Nous démarrons d’ailleurs un projet avec la mairie de Paris pour multiplier les mangeoires dans les espaces verts et ainsi augmenter le nombre de contributeurs à BirdLab. Car le principal intérêt des sciences participatives est de faire découvrir la nature au grand public.

En Suisse, dans la Grande Cariçaie, les sangliers sont régulés.

Couverture de La Salamandre n°244

Cet article est extrait de la Salamandre
n° 244
février - mars 2018
N° complet

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