Enfin, la pluie !

Le sentier le jeudi 5 juillet. / © Gilbert Hayoz

Jeudi 5 juillet, départ à 5 h 15, 8  °C - On l’attendait avec impatience. La pluie est enfin là et elle ne nous a pas ratés. Nuages en haut, limaces en bas.

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Non, le début des vacances d’été ne coïncidera pas avec du beau et du chaud. Rafales de vent, bourrasques et ondées ont animé la campagne ces derniers jours. Le froid et même la neige ont fait leur retour à la montagne. Voilà qui nous arrange : après trois sorties sous un grand ciel bleu, nous attendions avec impatience ce qu’on appelle méchamment le mauvais temps.

La grisaille du nimbostratus annonce la pluie plus sûrement qu’un flash météo. / © Laurent Willenegger

Merveilleux nuages

Sous la pluie, les rouges éclatent, les ocres resplendissent. La gamme des verts, il y a peu écrasée sous le soleil, offre toute la subtilité de ses variations. Les parfums se diffusent autrement, leurs dominantes sont chamboulées. De nouveaux cocktails terreux se répandent, parfois fleuris au passage d’une lisière.

Les champs et les feuillages sont animés par le vent et au-dessus, règnent les nuages ! Un fantastique défilé de figurants éphémères. Ici la brume monte de la forêt, là s’étire une grande bande gris clair, là encore une masse légèrement bleutée, puis gris sombre et puis… Déjà tout a bougé, disparu à jamais, reformé plus loin, différent.

Acrobates rampants

Le ballet des nuages stimule et inspire le mouvement d’animaux luisants, souples et colorés : les limaces. Ce matin, elles fascinent Laurent, notre dessinateur ! Voici les mollusques maudits du jardin devenus acrobates, passant d’herbe en herbe, longeant avec grâce les tiges et les feuilles, épousant leurs courbes. Agenouillez-vous un jour de pluie, vous pourrez contempler au ras du sol leurs ballets luisants et baveux, sauvages en diable.

Pot-pourri

Evidemment, ce n’est pas tout ! La pie-grièche est toujours là, trempée par ses plongeons dans l’herbe, tout occupée à nourrir sa famille ; des bandes errantes de jeunes mésanges, grives et pinsons signalent la fin du temps des nids ; notre rivière en crue se donne des airs d’Amazone ; salicaires, compagnons blancs et lysimaques colorent les fossés ; par deux fois nous avons failli marcher sur un campagnol.

Campagnol agreste / © Fer boei de nl

Vapeurs d’eau

Un nuage n’est rien d’autre que de l’eau transportée en altitude par la chaleur du soleil. Dix milliards de gouttelettes par mètre cube éparpillent la lumière en tous sens, donnant à ce corps vaporeux l’aspect diffus qui le caractérise. Classés par les spécialistes en dix familles principales, les nuages annoncent des précipitations. Tous ? Certainement pas.

Si je vous demande de dessiner un nuage, ce sera probablement un cumulus dont vous tracerez le profil en chou-fleur. Voilà le nuage par excellence, celui que les cartes météo affichent comme messager d’un temps couvert. Erreur ! Le cumulus, du moins sous ses formes courantes humilis ou mediocris, est un nuage « de beau temps » dont la vie ne dure qu’une dizaine de minutes.

Parfois, tout de même, le cumulus prend du ventre. Il devient congestus, puis finalement cumulonimbus. Et alors, attention : cette impressionnante colonne d’eau haute de huit à douze mille mètres contient autant d’énergie que dix bombes d’Hiroshima et peut produire chutes d’eau torrentielles, orages de grêle ou tempêtes de neige.

Fera-t-il de l'orage ce soir ? Va-t-il neiger demain ? Tête en l'air, et miniguide en poche, découvrez le monde éphémère des nuages. Miniguide n°30 : Ciel ! Un nuage.

Retrouvez tous les articles du dossier : Le sentier des douze matins.

Couverture de La Salamandre n°183

Cet article est extrait de la Salamandre
n° 183
Décembre 2007 - Janvier 2008
Article N° complet

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