Au théâtre des roseaux

Prélude : le lever de rideau est imminent. Déjà, quelques vers échappés d’un poème de Rainer Maria Rilke ouvrent le spectacle. « Un cygne avance sur l’eau tout entouré de lui-même, comme un glissant tableau. » / © Alessandro Staehli

Du lac des cygnes à l’opéra des cormorans, le photographe Alessandro Staehli met en scène les oiseaux ordinaires. Une lecture lyrique de la nature à fleur d’eau.

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Article d'origine par

Alessandro Staehli

Rédacteur naturaliste à La Salamandre et photographe

indionature.com

Comme un oiseau migrateur, je me suis arrêté sur les rives du lac de Neuchâtel il y a bientôt quinze ans. Je ne suis plus reparti. Cet univers où vivent des dizaines de milliers de cormorans, foulques, grèbes et fuligules est devenu le mien. Je m’y plonge régulièrement pour porter mon regard sur ses habitants souvent ignorés.

Photographier, c’est écrire en prenant comme encre la lumière. L’inspiration pour révéler l’aura insoupçonnée des oiseaux vient surtout de l’humeur très variable du lac, de ses reflets dansants, de ses voiles de brume. Ce que j’aime le plus ? Mettre en scène l’ordinaire. Un simple cormoran qui sèche ses ailes peut devenir ténor d’opéra.
J’adore cette liberté d’expression. C’est mon antidote pour lutter contre l’accélération de nos vies, pour mettre en exergue ce que l’on perd en chemin et qui ne reviendra jamais.

Couverture de La Salamandre n°245

Cet article est extrait de la Salamandre
n° 245
avril - mai 2018
Article N° complet

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