Anatomie d’un voltigeur

La vie dans les arbres a façonné le corps de l'écureuil. Queue, pattes, griffes et oreilles, tout est fait pour bondir.

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Pour un peu, on pourrait croire que l’écureuil descend du singe. Là où il nous faut cordes, échelles, harnais et filets, il se contente d’un équipement naturel, conçu pour la voltige. A commencer par la queue…

Parapluie et gouvernail

Une queue douce et touffue, où il fait bon se blottir quand l’hiver est rude, s’abriter quand il pleut, s’ombrager quand le soleil cogne. Une queue légère et vaporeuse, qui fait office de balancier quand l’écureuil grimpe et court. Un gouvernail quand il saute. Un parachute quand il tombe.
Au XVIIIe siècle, le naturaliste Buffon écrivait que « lorsqu’il lui faut passer l’eau, il se sert d’une écorce pour vaisseau et de sa queue pour voile ». Mais cela, personne n'a pu l’observer depuis. Quoi qu’il en soit, la queue est à l’écureuil ce que l’aile est à l’oiseau. S’il l’abîme ou la blesse, il a peu de chances de survivre.

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Ecouter : comme le lynx, l’écureuil a les oreilles terminées en pinceaux. C’est pour mieux entendre.

Voir : son grand œil rond et noir lui ouvre un large champ de vision. Un atout pourévaluer les distancesentre les branches.

Vibrer : les vibrisses sont de longs poils fortement innervés. Disposés aux endroits stratégiques de la tête et du corps, ils décuplent le sens tactile de l’animal et contribuent à son équilibre.

Atterrir : les courtes pattes avant absorbent le choc de l’atterrissage. Elles se terminent par des mains à quatre longs doigts et un pouce rudimentaire, aptes à manipuler la nourriture.

Décoller : les pattes arrière de l’écureuil sont bâties pour le saut. Ses pieds griffus et doublement articulés font office de crampons : il peut ainsi se déplacer avec autant d’aisance vers le bas que vers le haut.

Voler : à l’inverse de ses cousins les écureuils volants, l’écureuil roux est dépourvu de membrane alaire. Mais il possède une ébauche de voilure entre les membres et le tronc. Elle est surtout visible chez les jeunes.

Piloter : presque aussi longue que le corps, la queue mesure de 15 à 20 cm. L’écureuil s’en sert comme d’un gouvernail pour changer de direction en plein vol. Il peut aussi l’aplatir pour freiner sa chute.

Crampons

L’écureuil tient du singe, mais aussi du kangourou ou de la grenouille. En témoignent ses longues et puissantes pattes arrière qui le propulsent par bonds pouvant dépasser, s’il est menacé, 6 mètres de longueur. A la course aussi, l’animal est imbattable : il peut atteindre 7 mètres par seconde. Mais c’est surtout sa capacité à descendre ou monter sur les troncs à la verticale qui est spectaculaire. Son truc ? De longs crochets acérés au bout de chaque doigt, qu’il plante fermement dans l’écorce. Comme l’animal peut faire pivoter ses pieds de 180 degrés, il n’hésite pas à « lâcher les mains » : tête en bas, il est capable de s’étirer, de se gratter ou d'attraper de la nourriture.

Le noir et le roux

écureuil roux sombre - La Salamandre

© Eugène Huttenmoser

L’écureuil roux ne l’est pas forcément ! Son ventre est toujours blanc, mais son dos et sa queue peuvent aller du jaune clair aux teintes les plus sombres. Dans les Alpes, le pelage est souvent brun foncé à noir, tandis qu’il est plutôt roux flamboyant en plaine. Les deux couleurs peuvent toutefois se côtoyer dans la même nichée. En hiver, les poils s’épaississent et tirent sur le gris.

Couverture de La Salamandre n°164

Cet article est extrait de la Salamandre
n° 164
Octobre - Novembre 2004
Article N° complet

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