Secrets d’alpiniste

Rien de plus naturel pour le bouquetin que d'escalader des parois rocheuses presque verticales. / © Philippe Clément

Nos révélations sur l'équipement du bouquetin, un montagnard hors pair : radar anti-avalanches, baromètre à orages, cœur à rythme variable...

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Lotion corporelle:Glandes sébacées réparties sur tout le corps. Assurent un entretien permanent du pelage.

ADN compatible:Patrimoine génétique composé de 60 chromosomes comme les autres caprinés. Hybridation avec la chèvre domestique possible : génère des bâtards fertiles.

Gyrophare arrière:Queue courte et à poils noirâtres. Relevée lors du rut, elle dévoile une zone périanale blanche, un signal visuel sans équivoque.

Parka multicouche:Pelage hivernal composé de quatre couches composant une enveloppe isolante atteignant par endroits 10 cm d’épaisseur. En automne, duvet et jarres d’hiver se rajoutent aux duvet et jarres d’été pour doubler l’isolation. La couleur sombre de ce manteau permet au bouquetin de se réchauffer rapidement au soleil. La tenue d’été est plus fine, mais aussi plus claire.

Accus chargés:Réserves de graisse autour du cou, du dos et du ventre pour surmonter des hivers extrêmes. Peuvent dépasser 30 kg chez un bouc adulte au début du rut.

Cape d’invisibilité:Pelage de camouflage étonnamment discret sur fond de falaise ou de pierrier. Totalement inefficace en revanche sur décors enneigés

Hauteur moyenne au garrot :bouc 90 cm étagne 75 cm

Baromètre auditif:Oreille interne très sensible aux variations de pression atmosphérique : un outil parfait pour anticiper et fuir les orages.

Détecteur d’avalanches:Ouïe ultra-fine et sélective capable de déceler le moindre craquement du manteau neigeux.

Sabres kératinisés:Cornes multifonctions présentes chez les deux sexes. Servent à se gratter, à casser des plantes épineuses avant de les brouter, mais aussi d’arme de défense contre les prédateurs, aigle royal, renard ou loup. Pendant le rut, les mâles les utilisent pour se battre. Dure et très résistante, leur enveloppe externe est composée de kératine, une protéine fibreuse qui forme les poils et les ongles chez l’homme.

Viseur crépusculaire:Vue très performante comparable à celle du chamois. Capable de voir même dans la pénombre grâce à une rétine aux bâtonnets extrêmement nombreux. Œil caractérisé par un iris ambré et une large pupille noire horizontale.

Flair anti-homme:Odorat capable de sentir l’odeur humaine à 500 m de distance.

Tondeuse intégrée:8 incisives tranchantes pour sectionner les herbes, aucune canine, 12 prémolaires et 12 molaires pour broyer et malaxer la nourriture régurgitée pendant la rumination. Poussent en continu pour compenser l’usure due à la mastication de matières abrasives.

Mode éco:Cœur de grande taille adapté à des efforts soudains. Fréquence cardiaque moyenne passe de 100 battements/minute en été… à 45/min en janvier-février pour économiser l’énergie.

Injecteurs d’oxygène:Sang 2,5 x plus riche en globules rouges que celui de l’homme. Permet une excellente oxygénation des muscles à haute altitude.

Thermostat inclus:Température du corps réglable. En hiver, descend au-dessous de 38 °C pendant la nuit et remonte à 39 °C en journée grâce à l’activité musculaire et aux bains de soleil.

Châssis incassable:Ossature ultra-robuste et puissante musculature. Permettent des bonds formidables, jusqu’à 5 à 6 m pour les grands boucs !

Diffuseur olfactif:Glandes du prépuce et subcaudales sécrétant chez le mâle en rut une substance jaunâtre à l’odeur de bouc. Des messages olfactifs probablement destinés aux femelles comme aux autres mâles.

Semelles antidérapantes:Sabots spécialement conçus pour les terrains accidentés et les falaises à pic.

Nom vulgaire bouquetin des Alpes

Mâle bouc / Femelle étagne / Jeune de l’année cabri

Nom scientifique Capra ibex Ordre des ongulés (regroupant sanglier, cerf, chamois…)

Famille des bovidés / sous-famille des caprinés

Longévité maximale 20 ans (nature), 23 ans (captivité)

Poids net bouc 65-100 kg
étagne 40-50 kg

Bouc ou étagne ?

Regardez les cornes !

Contrairement aux bois des cerfs ou des chevreuils qui tombent et repoussent chaque année, les cornes des bouquetins, chamois et chèvres poussent en continu durant toute leur vie. Chez les boucs, elles sont noueuses et peuvent atteindre jusqu’à un mètre de long.

Chez les étagnes en revanche, point de protubérances et un développement qui ne dépasse pas 25 cm. Quant aux jeunes de moins d’un an, ils portent de petites cornettes qui ne révèlent pas le sexe de leur propriétaire.

Bouquetin patriarche ou ado ?

Comptez les anneaux

Portrait anatomique du bouquetin des Alpes

Schéma d’une corne d’un bouc âgé de 12 ans.

L’étui qui enveloppe l’os cornu pousse entre mars et novembre. La croissance s’arrête chaque hiver, une pause marquée par un mince cercle brun foncé. Comme les cernes annuels des arbres, ces anneaux d’âge permettent de compter précisément l’âge des boucs.
Mais ce n’est pas si facile car les cornes des bouquetins ont également des annelures de parure, normalement moins profondes et réparties tout au long de l’étui. Enfin, le nombre de nodosités ou grosses excroissances très visibles le long des cornes ne correspond absolument pas à des années.
Du côté des femelles, c’est encore plus compliqué : les anneaux d’âge sont pratiquement indénombrables sur le terrain.

Couverture de La Salamandre n°225

Cet article est extrait de la Salamandre
n° 225
Décembre 2014 - Janvier 2015
Article N° complet

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