Les amours sauvages du martin-pêcheur

Querelle de voisinage entre martins-pêcheurs / © Fabrice Cahez

Le martin-pêcheur est un agressif. Quand il fait sa cour, c’est presque comme s’il déclarait la guerre.

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Le martin-pêcheur tient comme à la prunelle de ses yeux à ses deux ou trois kilomètres de rivière. Qu’un autre oiseau bleu ose violer son espace aérien et le propriétaire des lieux fonce sur lui en sifflant tant qu’il peut. Si l’intrus insiste, les deux concurrents se perchent et prennent alors une position inquiétante, plumes plaquées, bec ouvert, corps dressé comme un cobra qui s’apprête à mordre. Si cela ne suffit pas, ils tentent de s’intimider en baissant la tête et en faisant de lents moulinets du bec, puis ouvrent les ailes pour paraître encore plus menaçants.
Ces positions sont peut-être destinées à éviter des combats meurtriers. N’empêche que cela se termine souvent en poursuites effrénées et en corps à corps où heureusement les coups de bec meurtriers sont rares… mais on a déjà vu un mâle noyer son rival.
Chez les martins-pêcheurs, un seul trait de couleur permet de différencier les sexes. Le mâle a le bec tout noir, la femelle une mandibule inférieure en partie ou totalement orange. De la même manière, seuls d’infimes détails différencient les positions de cour des attitudes combatives entre rivaux. Dans les deux cas, il y a des poursuites et des coups de sifflet. Pour faire le beau, Monsieur prend la posture du cobra, sauf qu’il garde le bec fermé. Du temps, il en faudra aux deux partenaires pour décharger leur agressivité mutuelle et leur permettre de se rapprocher. Quand la femelle acceptera les offrandes du mâle, larves dodues ou petits poissons, l’affaire enfin sera gagnée.

Amours éclairs

Des jours et des jours de rituels codés sont nécessaires pour calmer le tempérament extrêmement farouche des deux partenaires… Puis les cadeaux du mâle illustrent ses talents de pêcheur et rapprochent encore les deux oiseaux. Alors viennent enfin les accouplements qui ne durent comme chez la plupart des oiseaux que quelques secondes.

Les amours sauvages du martin-pêcheur

© Marco Zamò

Appels suraigus

Cincle, bergeronnette ou martin-pêcheur, tous les oiseaux qui vivent en rivière ont des cris et des chants stridents. Une nécessité pour se faire entendre malgré le bruit de l’eau.

Couverture de La Salamandre n°223

Cet article est extrait de la Salamandre
n° 223
Août - Septembre 2014
Article N° complet

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