Alerte au champignon tueur

Un champignon asiatique menace la survie des salamandres tachetées. / © J.-L. Gathoye

Les salamandres sont menacées par un champignon asiatique. En Belgique, un plan de lutte est mis en place entre les trois Régions.

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Alerte au champignon tueur de salamandre - La Salamandre

© Kim Van Deun (eyesintheforest.com)

Alerte ! Un nouveau danger pèse sur la survie des salamandres tachetées. Cette menace porte le doux nom de Batrachochytrium salamandrivorans, « Bsal » pour les intimes. Il s’agit d’un champignon particulièrement virulent, détecté pour la première fois aux Pays-Bas en 2012. En Belgique, plusieurs foyers de contamination ont été repérés près d’Eupen en 2013, pour ensuite se disperser dans les provinces de Liège et d’Anvers, ainsi que dans la région de Dinant. Bsal est mortel en quelques jours seulement. Il touche également trois autres espèces d’amphibiens : le triton crêté, le triton alpestre et le triton ponctué.

En réalité, Bsal est arrivé en Europe via le commerce de salamandres asiatiques qui, elles, sont accoutumées à ce pathogène depuis des millions d’années, au contraire des espèces européennes. Le champignon possède plusieurs caractéristiques redoutables qui le rendent particulièrement résistant. Il peut survivre à des températures allant de 4 à 25 °C, il garde sa virulence dans l’eau comme dans le sol et enfin grenouilles et crapauds peuvent servir de réservoirs d’infection même si, à ce jour, ils ne semblent pas sensibles à ce pathogène.

Le champignon possède plusieurs caractéristiques redoutables qui le rendent particulièrement résistant.

Pour prévenir et lutter contre la propagation de Bsal, un plan d’action a été mis en place pour 5 ans. Comme l’explique Sandrine Liégeois, du Département de la Nature et des Forêts, dans un article paru dans Forêt.Nature, l’objectif est de centraliser les actions mises en place sur tout le territoire belge et de suivre l’évolution des populations.

Spécifions tout de même que, malgré les dégâts qu’il engendre chez les tritons et salamandres, Bsal est inoffensif pour l’homme. Cependant, pour limiter la propagation du pathogène à partir des zones infectées, une précaution importante est à prendre : bien nettoyer bottes et chaussures après une balade et les laisser sécher plusieurs jours avant toute nouvelle sortie en forêt. Salamandres et tritons vous remercient d’avance !

© F. Pasmans

Si, malencontreusement, vous trouvez une salamandre malade, signalez-le au service SOS environnement et nature au +32 (0)70 233 001. Et, si possible, conservez-la dans un sac en plastique au congélateur, jusqu’à ce qu’un agent de l’administration wallonne vienne la récupérer.

Enfin, toute salamandre ou tout triton observé – et mieux encore, photographié – lors de vos escapades peut être utilement enregistré en ligne sur observatoire.biodiversite.wallonie.be/enquetes.

Plus d’informations sur ce plan d’action biodiversite.wallonie.be et tapez « salamandre » dans le cadre de recherche.

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Couverture de La Salamandre n°242

Cet article est extrait de la Salamandre
n° 242
Octobre - Novembre 2017
Article N° complet

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