Ainsi fond la neige

Les branches du cristal s’épaississent. La fonte a commencé. Elle va s’accélérer pour transformer cette étoile en un grain de neige sphérique. / © Paul Miéville

Toute neige finit par fondre, c’est bien connu. Mais les cristaux durant leur courte vie accomplissent plusieurs métamorphoses.

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Au début, la neige est toute légère mais déjà la fonte commence. L’eau s’accumule dans les cristaux, qui gonflent en prenant une forme sphérique. La neige s’alourdit. Plus elle contient d’eau, plus elle est sensible à la température. Plus les cristaux sont gros, plus ils absorbent la chaleur : la fonte s’emballe.

Manger la neige

C’est le soleil bien souvent qui mange la neige, mais une nuit tiède sous d’épais nuages peut être encore plus dévastatrice. Au matin, la fine poudre de sucre glace aura disparu et les vieux névés auront encore reculé…
Parfois il neige à nouveau, et une couche fraîche recouvre le pudding détrempé. Quand l’épaisseur de la couverture neigeuse est faible, il y a une grande différence de température sur quelques centimètres d’épaisseur. Les cristaux réagissent en prenant une forme pyramidale.
Avec des précipitations et des phases de beau temps successives, la neige finit par former un véritable millefeuille avec des strates plus ou moins humides, plus ou moins lourdes. A chaque état de la neige des propriétés particulières. La cohésion des cristaux par exemple dépend de leur forme. Ce détail a de l’importance pour les montagnards, car l’existence d’une couche fragile sous une neige lourde peut comme on va le voir réserver de mauvaises surprises…

« Quand il tonne sur le bois nu, il neige sur le bois feuillu. » La Béroche (NE)

Millefeuille surprise

échantillonnage de neige

© Robert Bolognesi

Après des situations météorologiques contrastées, on se retrouve en présence d’un véritable millefeuille qui raconte les chutes de neige successives, les redoux, les gels nocturnes ou les phases de fonte accélérée. Une coupe effectuée à la pelle permet de remonter dans le temps.
Ci-dessus un profil réalisé par le nivologue Robert Bolognesi et qui présente sur une hauteur d’un mètre neuf couches de nature différente.
La stabilité de chaque étage dépend directement de la forme des cristaux. Suivant où elle est située dans le millefeuille, une couche de faible résistance peut augmenter le risque d’une avalanche de plaque.

Couverture de La Salamandre n°165

Cet article est extrait de la Salamandre
n° 165
Décembre 2004 - Janvier 2005
Article N° complet

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