Les adieux d’une drôle de buse – étape#31

Après le milan noir, c'est au tour de la bondrée apivore de quitter le ciel du jardin. Connaissez-vous cet oiseau incroyable qui se cache près de chez vous ?

Avatar de Jean-Philippe Paul
- Mis à jour le
Publié par

Quelle discrétion remarquable ! En tout et pour tout, j'ai dû observer la bondrée apivore moins de dix fois cette année depuis le jardin. Pourtant, je parie qu'elle a niché dans le bois voisin. Comme sa cousine la buse, la bondrée présente un plumage variable selon les individus. Et c'est justement grâce à sa couleur particulièrement sombre, comme jamais je n'en avais vue auparavant dans les environs, que j'ai pu reconnaître ce mâle cantonné depuis le 18 mai dernier.

Ce rapace compte parmi les plus mystérieux de nos régions. A tel point que je pense être le seul habitant du village à connaître son identité et à avoir conscience de son existence et de son mode de vie. Quand je raconte à un curieux de passage que cette buse à tête fine qui tournoie dans le ciel est une bondrée apivore, il me répond immanquablement : "une quoi ?". Quand j'ajoute qu'elle se nourrit de nids, larves, pupes et adultes d'hyménoptères sociaux, c'est à dire de guêpes, abeilles, bourdons et frelons, je continue de l'étonner. Mieux, pour faire face aux piqûres sévères que ses proies pourraient lui infliger, notre incroyable rapace s'est doté d'écailles épaisses sur les pattes et de plumes très denses sur la face. La bondrée est même adaptée au creusement du sol pour déterrer les nids d'insectes : elle présente des narines très fines pour éviter que la terre n'y pénètre, ainsi que des griffes peu incurvées pour pouvoir marcher aisément au sol.

Ce n'est pas tout, cet oiseau est également un grand migrateur qui nous quitte dès la fin du mois d'août pour les régions tropicales d'Afrique où il continue de poursuivre ses proies favorites dans l'obscurité des forêts. Au final, la bondrée ne nous visite que quatre mois par an !

Aujourd'hui, j'observe en même temps mon fameux mâle sombre de la forêt locale et, nettement plus haut, deux migrateurs plus clairs déjà en route pour le sud.

Le 27 août 2017 - étape#31

Les adieux de l'étonnante bondrée apivore - La Salamandre

© Jean-Philippe Paul

Suivez chaque semaine l'itinéraire de ce voyage plein de surprises 100 % nature entre le jardin et le pas de la porte. Chaque fois, c'est une observation véritable, datée, localisée et illustrée dans ce carnet de route.

Retrouvez l'étape#30 Millepertuis, mille vertus

Une semaine sur deux, Mon voyage au jardin est envoyé par e-mail aux abonnés de la rubrique.

Réagir