Abeilles ou dette grecque ?

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Nous vivons une époque pleine d'incertitudes. On a peur pour son PIB, pour sa dette souveraine ou plus concrètement pour son job ou sa retraite. Difficile dans un contexte aussi anxiogène de voir plus loin que le bout de son nez.
Et pourtant, avez-vous vu le film « More than Honey » sorti cet hiver ? Après notre « Miel ou déconfiture » paru en 2008, ce documentaire magistral sonne comme un avertissement de plus. Le réalisateur suisse Markus Imhoof y montre comment un tiers de notre alimentation dépend des abeilles et pourquoi ces insectes indispensables sont menacés à court terme.
Médias et politiques se trompent de crise. La débâcle économique n'est que le symptôme d'un problème beaucoup plus grave : une crise planétaire écologique, climatique, alimentaire... et morale ! Trois chiffres résument l'enjeu. En douze ans, l'humanité est passée de 6 à 7 milliards. 81% de l'énergie utilisée sur Terre est non renouvelable et provoque le réchauffement rapide de l'atmosphère. Enfin, si tous les hommes avaient consommé autant qu'un Suisse ou un Français en 2006, il aurait fallu la capacité de 2,6 planètes.
Notre guérison passe-t-elle réellement par une reprise de la croissance ? Est-ce le meilleur moyen d'assurer le salut de nos enfants et des générations futures ? A oublier la finitude de leurs ressources, les empires maya ou romain ne se sont-ils pas effondrés ?
Je ne crois pas en la technologie toute-puissante, pas plus que je ne souhaite un impossible retour aux cavernes. La 3e voie qui peut nous éviter une catastrophe est étroite. C'est un changement urgent et profond de logique, un retour au qualitatif plutôt qu'au quantitatif. Dans son dernier ouvrage, « La Guérison du monde », le philosophe Frédéric Lenoir propose un rééquilibrage de nos valeurs vers l'amitié, la beauté, l'amour, la liberté et le respect au détriment de l'esprit de convoitise et de domination. Tout cela pour réenchanter le monde. Pas facile, sans doute. Mais que celui qui trouve cela idéaliste propose une autre solution.

Couverture de La Salamandre n°214

Cet article est extrait de la Salamandre
n° 214
Février - Mars 2013
Article N° complet

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