Bienvenue sur le site de la revue nature La Salamandre, entièrement consacré à la découverte des plantes et des animaux qui vivent près de chez vous. Bonne visite sur salamandre.net !
Ce blog vous dévoile la création de votre revue jour après jour : à la recherche de l'inspiration sur le terrain, à la rencontre de spécialistes ou auprès des crayons de nos illustrateurs.
Ce
matin de la fin du mois de mars, le Haut-Jura hésite entre tourner
définitivement la page de l'hiver ou rester emmitouflé
dans son manteau de neige.
Les
pâturages boisés se débarrassent lentement de leurs guenilles
hivernales pour entamer une nouvelle course à la vie. Les premiers
rayons printaniers annoncent le moment idéal pour observer le réveil des fourmis des bois.
Embarquée
à bord du minibus de l'Université de Lausanne avec quelques
acolytes scientifiques, je suis curieuse de découvrir la fameuse et
plus grande super-colonie d'Europe de ces fourmis que l'on trouve à
plus de 1000 mètres d'altitude.
Nous
grimpons un chemin glacé avant de déboucher au cœur de la cité
multi-dômes. Ca et là, des monticules d'aiguilles s'adossent au
tronc de robustes épicéas. Ces fourmilières, reliées entre elles par des
pistes odorantes, forment une gigantesque colonie qui abrite des
millions d'ouvrières et des milliers de reines. Les dômes encore à
l'ombre restent endormis, pas un insecte qui ose pointer une antenne
à l'extérieur.
D'autres monticules, déjà titillés par la chaleur du soleil,
ont la surface couvertes de fourmis qui entreprennent de
réparer les dégâts de l'hiver. La cuticule engourdie, certaines
ouvrières progressent au ralenti alors que d'autres, déjà
réchauffées, ouvrent des trous d'aération ou réarrangent des
aiguilles. De nombreuses fourmilières affichent des trous béants
creusés par des pics noirs gourmands d'œufs de fourmis.
Timothée
Brütsch, doctorant, me montre une reine qui s'agite au milieu
de ses ouvrières : « Regarde, elle est plus grosse et son
abdomen brille plus que les autres ». Intriguée, j'approche un
peu trop près de l'aristocrate et reçoit quelques jets d'acide
formique de la part de ses gardiennes. L'odeur forte de vinaigre est un répulsif puissant qui m'incite à garder mes distances. Mais l'arme des fourmis n'éteint pas mon envie d'en
savoir plus!
Rendez-vous
en automne pour découvrir le monde de ces minuscules aux ambitions
de géants.
Fleur
Daugey, Rédactrice de La Salamandre, 4 avril 2011
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