Ce blog vous dévoile la création de votre revue jour après jour : à la recherche de l'inspiration sur le terrain, à la rencontre de spécialistes ou auprès des crayons de nos illustrateurs.
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Un coup de cœur, pas moins. Telle est l'émotion suscitée par la découverte de l'œuvre des Blaschka. Il y a presque 150 ans, ces verriers de génie conviaient la planète sous-marine dans les salles des muséums du monde entier.
Incroyable univers que celui des Blaschka, père et fils. Imaginez un petit atelier, en plein cœur de la ville allemande de Dresde, avec sa table de bois, un système ingénieux de soufflet, des outils relativement rudimentaires reflétant cette fin de XIXe siècle.
Dans les mains de Leopold, puis de Rudolf, naissent des créatures fantastiques, qui paraissent tirées d'un monde imaginaire pas très loin de Jules Verne. Et pourtant, ces céphalopodes, holothuries et autres némertes existent bel et bien dans les fonds marins.
Les deux hommes, issus d'une longue lignée de verriers actifs depuis le XVe siècle, ont reproduit les bestioles que l'on leur livrait des quatre coins de l'Europe. Pour répondre aux besoins des muséums, qui souhaitaient montrer à leurs visiteurs la vie sous-marine, ils ont soufflé, étiré, tordu et malaxé le verre pour donner existence à ces êtres de cristal.
En visitant la salle Blaschka du Muséum de Genève, qui expose une cinquantaine d'œuvres parmi les milliers produites, on découvre la délicatesse, l'extrême finesse et la fragilité de ces créations, que les photos ne parviennent pas à capter totalement. Une rencontre inoubliable. A admirer dans les six pages du Grand Angle de notre numéro de décembre-janvier de La Salamandre.
Nicolas Sauthier, rédacteur en chef adjoint, novembre 2010