Ce blog vous dévoile la création de votre revue jour après jour : à la recherche de l'inspiration sur le terrain, à la rencontre de spécialistes ou auprès des crayons de nos illustrateurs.
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Réaliser une interview et choisir une image qui en illustre le sujet, c'est un classique. Pouvoir prendre la photo du hibou précis dont mon informateur me parle, c'est un privilège rare !
L'aventure qui suit est un exemple éloquent de synchronisme de dernière minute entre le monde de la rédaction et la nature. Cette dernière, si souvent imprévisible, demande au rédacteur d'anticiper, toujours. Pour autant que l'on veuille respecter les délais !
Pour la rubrique « Sur les traces de... » de l'édition suisse de la Salamandre, j'ai donc interviewé l'ornithologue Attilio Rossi, de Studen (BE). Le naturaliste m'avait parlé de la présence hibou moyen-duc sur les rives du lac de Bienne. D'ordinaire solitaire, ce rapace nocturne devient grégaire en hiver et passe la journée en groupe, à dormir sur un arbre touffu. Il n'est pas fréquent de pouvoir observer cette espèce, sauf maintenant au dortoir. Mais encore faut-il trouver ce fameux dortoir ! Immobiles et silencieux, plusieurs hiboux peuvent passer inaperçus même à quelques mètres de distance.
L'ornithologue se souvenait d'un pin occupé par quelques individus les années précédentes. Intéressant, mais risqué. Il ne restait plus que 2 jours avant le bouclage du numéro. Le vendredi matin, moment de l'excursion, un méchant brouillard et sa lumière grisâtre laissaient présager le pire. Mais Attilio me conduisait sans hésitation. Passé quelques pins, nous découvrons au sol, une pelote... non, 2 ! Puis 3...8...11...15 pelotes de réjection ! Le regard levé, l'émotion : plusieurs moyens-ducs somnolaient au milieu des aiguilles. Magnifiquement figés, entre froid et sommeil. Parmi les huit comptabilisés, un seul était assez bas et visible pour être photographié. Trépied, téléobjectif, télécommande... TCHAK-TCHAK-TCHAK ! Deux naturalistes, deux sourires et le brouillard. Et Beaucoup de chance !
A 14h, la photo venait compléter mon article pour la plus grande joie de Sylvain Bruschweiler, notre graphiste. Le numéro 209 était fini. Â
Alessandro Staehli, Rédacteur, Neuchâtel, 30 janvier 2012
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