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Les aliments bio grignotent toujours mieux leur part de marché. Nous sommes prêts à payer leur prix. Et côté coton, comment choisissons-nous nos articles textiles ?
Le coton, on l’achète les yeux fermés. N’est-il donc pas naturel par excellence ? Plus sain et plus agréable que tous ces synthétiques dérivés du pétrole ? C’est oublier un peu vite la culture intensive de ce végétal. Pratiquée dans la plupart des grands pays producteurs, elle est à l’origine de désastres écologiques et humains. On récapitule.
Désastre écologique. Pour étendre leur toile et produire chaque année, à l’échelle mondiale, quelque 25 millions de tonnes de fibres (l’équivalent de 60 milliards de t-shirts), les multinationales du coton recourent aux pires moyens de l’agriculture intensive : pesticides, engrais chimiques, OGM, irrigation et ultramécanisation. Il en résulte qu’en Chine comme aux Etats-Unis, en Asie centrale comme en Australie, les régions productrices sont confrontées à de graves problèmes environnementaux : pollution des eaux, abaissement des nappes phréatiques, érosion et salinisation des sols, avancée du désert. Une des illustrations les plus tristement célèbres du phénomène, c’est la mer d’Aral. Autrefois étendue d’eau. Aujourd’hui désert des plus inquiétants. Au nom de la culture du coton.
La production d’un jeans et d’un t-shirt ordinaire en coton exige de 9’000 à 26’000 litres d’eau, ainsi que 450 grammes d’engrais et de pesticides.
Désastre humain. Une fois de plus, ce sont les pays en voie de développement qui paient les frais de la mondialisation. Les larges subventions qu’accordent les pays riches à leurs cotonniers ont fait chuter le prix de la matière première. Résultat ? les petits producteurs d’Afrique et d’Asie, non subventionnés, ne parviennent plus à couvrir leurs frais de production. Contraints d’acheter toujours plus d’engrais pour assurer une récolte médiocre sur des sols affaiblis, ils s’endettent, perdent leur indépendance et empoisonnent leurs familles.
Le coton bio, un choix. Ce tableau noir sur fond de coton blanc n’est pas une fatalité. Chaque année, davantage de producteurs se convertissent à la culture de fibres biologiques (> L’exemple malien, p. suiv.). Ils parviennent à en vivre décemment. Le consommateur y gagne aussi. Pour un surcoût très supportable, il a la garantie de porter des vêtements plus doux, dénués de substances nocives et, qui plus est, produits dans des conditions équitables et dignes.
L’exemple malien Depuis quelques années, Helvetas, association suisse pour la coopération internationale, s’engage en Afrique et en Asie centrale pour la production de coton bio. L’aventure démarre en 1997 au Mali, premier producteur de coton d’Afrique subsaharienne. Alors que le marché de la fibre est en crise, 25 paysans soucieux de restaurer qualité des sols et qualité de vie rejoignent le projet pilote de reconversion au bio. Les engrais chimiques sont remplacés par du compost et du fumier, les pesticides cèdent la place aux extraits végétaux comme le Neem, ou à certaines plantes « piégeuses » d’insectes. Ces petits producteurs pratiquent la rotation des cultures (sésame, karité) et ne comptent que sur l’eau de pluie pour l’arrosage. En parallèle, Helvetas soutient leur formation et assure l’écoulement de la production à un prix équitable. Au bout de 2 ans, la terre ainsi enrichie a été rendue plus malléable. Capable de stocker davantage d’eau, elle est devenue plus fertile. En 2004, ce ne sont pas moins de 561 producteurs qui obtiennent la certification bio (Ecocert), tandis que les fibres sont labellisées « commerce équitable » par Max Havelaar. Aujourd’hui, en 2007, plus de 3000 paysans maliens sont affiliés. Un beau succès qu’Helvetas a étendu au Burkina-Faso, au Sénégal et au Kirghizistan. www.helvetas.ch www.helvetas-mali.org
Les alternatives au coton:
Jadis largement utilisés en Europe, le chanvre et le lin regagnent du terrain. Cultivables sous nos latitudes, ces fibres végétales ont un bilan écologique et énergétique meilleur que celui du coton. > le chanvre : 5 fois plus résistant à l’usure que la fibre de coton, le chanvre se prête à de multiples usages : tissus fins, linges épais, cordages, etc. Sa culture nécessite peu d’eau et se passe d’engrais et de pesticides. Plus d’infos sur www.chanvre-info.ch . > le lin : C’est une des plus anciennes fibres végétales tissées par l’hom-me. Pratiquée en rotation, sa culture n’épuise pas les sols et exige 5 fois moins d’intrants que le coton. A l’échelle mondiale, l’Europe est le premier producteur de lin. Plus d’infos sur www.filabio.com .
En tapant « coton bio » sur internet, vous trouverez de nombreuses entreprises, petites ou grandes, qui ont misé sur le bio par souci d’équité et de respect de l’environnement. Parmi celles-ci, citons : www.natureetdecouvertes.com www.switcher.com www.planetecoton.com
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