Les crues de printemps sont passées, le ruisseau se la coule douce...
Ce blog vous dévoile la création de votre revue jour après jour : à la recherche de l'inspiration sur le terrain, à la rencontre de spécialistes ou auprès des crayons de nos illustrateurs.
Conseils de blogueur:
1. Commentez un billet en vous identifiant.
2. Découvrez en direct les nouveaux billets : ce flux RSS dans votre navigateur!
Histoire d'une rencontre givrée, au milieu des galets.
14 janvier, -2°C, quelque part dans une rivière du canton de Vaud.
Ca y est, je suis prête. Prête à me geler les pieds et les mains pour le voir. Dans l'eau, on soulève délicatement les pierres une à une. Et on écarquille les yeux pour ne pas le rater. Première pierre: rien, deuxième rien non plus. Troisième, néant... Une dixième pierre soulevée: toujours rien. La sueur perle sur nos fronts, est-il encore là ? Enfin, sous le caillou parfait, le voilà . C'est donc lui, le chabot !
Dès le 1er regard, je suis conquise. Il est un mélange de discrétion, de force et de fragilité. Son corps élancé contraste avec sa grosse tête. Pas pour rien qu'en anglais, on l'appelle « bullhead » qui se traduit par « tête de taureau ». Je prends le temps de l'observer, de l'admirer. L'espoir renaît, les chabots sont toujours là . Avant de reposer délicatement le galet, je le caresse, le chatouille pour le faire partir. Apparemment, il aime ça, les câlins. Serait-ce son côté chat qui ressort ?
Plus d'une heure trente à se glacer les mains pour en découvrir une dizaine. Il est temps de les laisser tranquille. Tout le monde n'a pas la chance de faire connaissance avec le chabot, moi, j'ai eu ce privilège. Veinarde que je suis. La rivière, je la regarde dorénavant différemment...Merci à Laurent, car des sorties comme celle-ci cha'me botte !
Marie-Eve Scherer Dupraz, Rédactrice de La Petite Salamandre, Neuchâtel, 26 janvier 2010
Memory=29716248