Vol de nuit dans la ville

Sérotine boréale, ou de Nilsson (Eptesicus nilssoni) - La Chaux-de-Fonds, le 17 juin 2011 à 22h53. / © Laurent Geslin

Le photographe Laurent Geslin attendait cette image de chauve-souris avec passion. Son but, montrer que la ville est habitée la nuit.

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« Je travaillais pour le Musée d'Histoire Naturelle de La Chaux-de-Fonds afin de photographier la faune dans cette ville horlogère du nord-ouest de la Suisse. Cela m'intéressait tout particulièrement car je n'avais jamais travaillé sur cette thématique dans une ville de moyenne montagne. La faune peut y être très différente de celle des villes de plaine. J'avais appris par le directeur du Musée la présence de sérotines boréales qui venaient boire dans une petite piscine au début des nuits d'été. Après une heure d'installation assez complexe – barrières infrarouges et six flashes compris–, et quatre nuits d'attente plus tard, j'ai enfin réussi l'image que j'espérais de cette chauve-souris. Différents chiroptères venaient boire sur ce plan d'eau, mais c'est bien la sérotine que je cherchais à photographier, avec sa silhouette si caractéristique. Je voulais également mettre en évidence le décor urbain. Pour moi, montrer que de telles espèces s'épanouissent dans un milieu construit révèle l'immense capacité d'adaptation de ces animaux. »

Laurent Geslin

Photographe d'hommes et de nature Amateur d'histoire de l'art, de dessin et de peinture à ses débuts, Laurent Geslin a finalement choisi la photo pour raconter le monde qui l'entoure avec un goût marqué pour les angles de vue insolites. Guide naturaliste en France ou en Afrique, photographe de presse et portraitiste en Angleterre, le photographe français aime les horizons ouverts. Et cela se voit dans son approche de la nature. Loin de la cloisonner dans une virginité où l'homme n'aurait pas sa place, il s'applique à nous montrer les points de convergence.
Après dix ans passés à photographier le renard urbain à Londres, Geslin est sollicité par d'autres villes pour que soit révélée la biodiversité des cités. Un monde foisonnant, hélas loin d'être harmonieux : nous avons du chemin à faire pour laisser dans nos extensions urbaines un peu de place à la nature. Le travail original de Laurent est là pour nous y encourager.
http://laurent-geslin.com

Couverture de La Salamandre n°216

Cet article est extrait de La Salamandre
n° 216
Juin - Juillet 2013
Article N° complet

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