Vivre chouette

La chouette hulotte s'active quand la nuit tombe. La voilà prête à atterrir sur son perchoir d'écoute et d'observations. / © Jean Chevallier

Tandis que la forêt plonge dans un sommeil paisible, la chouette hulotte se réveille. Pour prendre possession de son royaume.

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Le jour glacé s'éteint peu à peu et avec lui s'endorment les oiseaux diurnes. Toute la journée, dans la forêt givrée, les pinsons ont dégusté les fruits du houx et le chevreuil les feuilles des ronces. Pendant ce temps, la chouette hulotte était tapie au creux du lierre toujours vert. Pour se reposer bien sûr. Mais aussi pour se soustraire à la vue des passereaux. S'ils l'aperçoivent, pies, rougegorges et mésanges la harcèlent en criant et la poursuivent inlassablement. Tentent-ils ainsi de se venger de leurs terreurs nocturnes ? La hulotte ne se rebiffe jamais en plein jour. Elle essaie de fuir leur colère ou la supporte, impassible, les yeux mi-clos.

Vivre chouette

Cette chouette hulotte bâille pour se réveiller. / © Jean Chevallier

La métamorphose

Quand le rideau de la nuit est enfin tombé, la chouette ouvre lentement ses yeux d'un noir brillant. Puis elle bâille. Ses formes sont rondes et son allure bonhomme, mais des serres redoutables se dissimulent sous les plumes qui couvrent ses pattes. Quant au bec, enfoui au centre du visage, il ressemble à un petit nez. Il est pourtant aussi puissant et coupant que celui d'un faucon pèlerin.

Vivre chouette

Campagnol roussâtre / © Jean Chevallier

Strix aluco étire ses ailes l'une après l'autre. Ses oreilles se mettent à l'écoute du moindre murmure. Un campagnol roussâtre s'active dans les feuilles qui jonchent le sol de la hêtraie. Il se faufile sous ce tapis gelé à la recherche des faînes qu'il décortique avec énergie. Il y a encore une heure, le rongeur pouvait se délecter sans craindre l'assaut de la chouette. Maintenant, elle a repéré son manège. Un instant plus tard, dans un dernier souffle, le campagnol lâche la graine qu'il tenait entre ses pattes. La hulotte a commencé sa nuit...

Couverture de La Salamandre n°201

Cet article est extrait de La Salamandre
n° 201
Décembre 2010 - Janvier 2011
Article N° complet

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