Des visiteurs à l’appétit colossal

Article extrait du dossier La vie en roses
Les rosiers sauvages font le bonheur de nombreusex petits êtres. / © Antoine Richard

La diversité des rosiers sauvages leur vaut un franc succès. A la belle saison, des dizaines de bestioles fourragent leurs corolles, arpentent leurs rameaux ou découpent leurs feuilles. Bestiaire.

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Bardé d'aiguillons de pied en cap, l'églantier éloigne efficacement les grosses bêtes qui veulent y goûter. Mais l'évolution ne l'a pas doté d'armes plus subtiles, genre répulsif ou poison, qui éviteraient aux insectes de s'y attarder.

« Je prétends que c'est le rosier le plus accueillant que je connaisse envers la foule des chenilles et des larves des familles de tous ordres » , notait déjà en 1943 l'entomologiste Robert Hardouin en évoquant Rosa canina . L'auteur du « Peuplement entomologique du rosier » a passé des années à observer les roses sauvages et cultivées : il a dénombré et étudié le comportement d'une bonne centaine de visiteurs. Certains insectes sont intimement liés au végétal. Ils y grandissent en le boulottant avidement, par-dedans ou par-dehors. D'autres, en quête de nectar ou de matériaux de construction, n'y font qu'une brève et innocente escale. Ce trafic intense attire son lot de prédateurs, insectes carnivores et parasitoïdes, araignées mais aussi passereaux.

L'arbuste ne semble pas trop souffrir d'un tel succès. Il panse ses blessures, remplace ses feuilles et ses corolles, distribue son pollen, et redouble de vigueur jusqu'à la pointe de ses rameaux.

Insectes visiteurs des rosiers dessin nature

Anthonome de la ronce / © Antoine Richard

Charançon bûcheron

Des futures fleurs qui ne tiennent plus qu'à un fil ? L'anthonome de la ronce est passé par là ! Après avoir pondu un œuf dans le bouton floral, la femelle de ce petit charançon sectionne partiellement le pédoncule, afin de bloquer la montée de la sève. Avant que la fleur desséchée ne tombe, la larve a le temps d'engloutir les étamines et de se métamorphoser en insecte parfait.

Insectes visiteurs des rosiers dessin nature

Mouche à scie ou tenthrède / © Antoine Richard

Mouche tronçonneuse

Aussi appelées tenthrèdes, les mouches à scie sont des hyménoptères qui confient volontiers leurs larves aux rosiers sauvages et cultivés. Les fausses chenilles de l'hylotome de la rose, par exemple, dévorent le bord des feuilles en
levant élégamment leur arrière-train.

Insectes visiteurs des rosiers dessin nature

Mégachille du rosier / © Antoine Richard

Abeille enrouleuse

La mégachile du rosier est une abeille solitaire qui découpe de larges cercles dans les feuilles de l'églantier. Elle les roule entre ses pattes et les emporte vers son nid, une galerie creusée dans du bois pourrissant. L'insecte en tapisse les cellules où grandiront ses larves.

Insectes visiteurs des rosiers dessin nature

Cétoine dorée à droite, trichie à bandes à gauche / © Antoine Richard

Hanneton glouton

Bijou vert métallisé, la cétoine dorée, ou hanneton des roses ( > à droite ), ne passe pas inaperçue lorsqu'elle se pose sur la corolle des églantines. Elle s'y goinfre de pollen et, dans la foulée, dévore souvent les étamines. La trichie à bandes ( > à gauche ) partage les mêmes goûts que sa cousine, mais de manière un peu plus délicate.

Insectes visiteurs des rosiers dessin nature

Géomètre ou chenille arpenteuse / © Antoine Richard

Chenille arpenteuse

Les géomètres, ou chenilles arpenteuses, se déplacent à grandes enjambées, en repliant leur corps à chaque pas. Grêle et mimétique, la cidarie baie grandit exclusivement sur les rosiers et les églantiers. Elle se transformera dans sa chrysalide en un papillon de nuit brunâtre aux ailes postérieures dentelées.

Couverture de La Salamandre n°204

Cet article est extrait de La Salamandre
n° 204
Juin - Juillet 2011
Article N° complet

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