Une vie sans microbes ?

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Pousse-toi, microbe? Deux chercheurs ont imaginé le monde sans ces petits êtres. Résultat édifiant !

Si les micro-organismes disparaissaient, adieu Ebola, malaria, tuberculose et bien d’autres maladies ! Cependant les microbes pathogènes sont largement minoritaires par rapport à foule de magiciens de l’ombre, essentiels à la vie sur terre. Pour mettre en lumière leur rôle colossal, deux biologistes ont modélisé un scénario (utopique bien sûr) de la disparition des bactéries et des archées, deux cousines unicellulaires.

Acte I: disette
Bon nombre de plantes ont fixé un deal avec des microorganismes. Les bactéries par exemple fournissent principalement de l’azote aux racines et reçoivent en retour d’autres substances. Sans cette relation symbiotique, les plantes auraient bien plus de mal à puiser cet élément nutritif essentiel à leur métabolisme. La photosynthèse cesserait en un an ! Les herbivores n’auraient plus un brin d’herbe à se mettre sous la dent et les carnivores plus un morceau de viande à croquer. Mais de toute manière, un intestin sans ses 100’000 milliards de bactéries n’arriverait plus à digérer correctement !

Acte II: décharge
L’équilibre planétaire est entre les mains des minus. Ceux-ci permettent aux éléments chimiques qui composent notre monde de transiter, se transformer, revenir à leur état initial, de manière à maintenir un sorte de statu quo. Les microbes sont des éboueurs hors pair, qui veillent à décomposer les déchets organiques, et à restituer toutes sortes de molécules dans les sols et les océans. On vous laisse imaginer la suite sans eux…

Acte III: asphyxie
Si famine et conflits ne sont pas venus à bout de notre espèce, il restera encore la raréfaction du précieux oxygène. Car certaines bactéries sont de véritables usines à O2, sans compter les plantes… qui auraient, elles, déjà disparu.

Scénario alternatif ?
Nous pourrions substituer de nombreuses fonctions microbiennes par la chimie et la technologie: engrais de synthèse pour les cultures, vitamines de synthèse, et autres poudres chimiques par-ci par-là. Mais quel apprenti magicien imaginerait nourrir tous les végétaux sauvages, de la toundra aux forêts tropicales, et ensemencer les océans et les sols en nutriments?

En somme, nous dépendons de ces chères petites bêtes. Mais pas d’inquiétudes, ces champions à une cellule ont existé bien avant nous et subsisteront encore longtemps après nous.

 

Source: Le Monde

crédit photos: © Dmitry Knorre / Fotolia

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