Une oasis aux portes de la Ville Rose

Tandis que la Garonne s’écoule vers l’Atlantique, des poissons migrateurs tels que l’anguille et le saumon font l’exploit de remonter ses eaux, au-delà du Confluent. / © Emmanuel Di Scala

A dix kilomètres de Toulouse, le parc naturel du Confluent joue les contrastes. Née de la rencontre entre l’Ariège et la Garonne, sa mosaïque d’étangs, de forêts et de pelouses offre une tranquillité bienvenue à la faune comme aux promeneurs.

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Quittons l’agitation du Capitole, le centre-ville de la capitale occitane. Point de long trajet vers les sommets, l’océan ou la Méditerranée. Le bus urbain me dépose à l’entrée du parc naturel du Confluent, au pied d’une authentique ferme lauragaise !

Touches printanières

Un premier plan d’eau et l’on gagne aussitôt les bords de la Générale. Cet étang, ancien méandre de l’Ariège, abrite un grand nombre d’oiseaux. Après y avoir passé tout l’hiver, une dizaine de canards chipeaux s’apprêtent au grand voyage. En cette fin février, alors que les perce-neige ont fait place aux violettes et que les saules se teintent d’un camaïeu de vert et de jaune, tout semble appeler le printemps. Soudain, un cri rappelant un hennissement me fait lever les yeux : deux milans noirs, de retour d’Afrique ! Etabliront-ils leur nid dans l’un de ces grands peupliers ?

Totem et tam-tam

Le chemin gorgé d’eau passe entre les zones humides où des restes de troncs d’arbres se dressent comme des totems. Tandis que la forêt résonne du tam-tam des pics épeiches, j’avance discrètement. Posé sur un amas de bois flottant, parfaitement immobile, un héron cendré semble garder ce lieu mystérieux.

Un blaireau a marqué la boue sableuse de son empreinte. / © Karine Richard

Qui vit ici ? Des indices abandonnés dans la boue ne tardent pas à me le révéler : des empreintes de blaireau se mêlent à celles d’une harde de sangliers. Quant à ces drôles de billes ponctuées de noir, agglutinées dans un reste de flaque, ce sont sans doute des pontes de grenouilles agiles. Avant de poursuivre mon chemin, je les dépose tant bien que mal dans l’étang le plus proche.

Le pire et le meilleur

Face à la confluence, je plonge dans une tout autre ambiance. Ce point de rencontre des eaux de l’Ariège et de la Garonne raconte la vie du fleuve et des hommes. Le temps des bateliers, ramasseurs de sable et pêcheurs, autrefois rythmé par les crues et les étiages. Puis l’ère industrielle. L’endroit n’y a pas échappé : dragages, exploitation des gravières et, pour couronner le tout, remblayages sauvages de déchets.
Consciente de l’enjeu, la commune de Portet-sur-Garonne réhabilite le site en 1983. Le parc naturel du Confluent est né ! Aujourd’hui, beautés naturelles et cicatrices du passé se côtoient au sein de ce poumon vert de la cité. Une réserve naturelle verra-t-elle le jour ? Gageons qu’après toutes ces années d’efforts la volonté politique soit toujours là pour renforcer le statut d’un remarquable milieu naturel fluvial.

Toulouse est née des blocs de pierre apportés par la Garonne. / © Emmanuel Di Scala

Fille de Garonne

La région, d’abord celte, est conquise par les Romains, deux siècles av. J.-C.Tolosa s’implante sur la rive droite de la Garonne, à l’abri des humeurs du fleuve. Mais comment bâtir une ville, là où la pierre fait défaut ? Le cours d’eau, né dans les Pyrénées espagnoles, apporte une réponse. Crue après crue, il dépose rive gauche les alluvions charriées par ses eaux. Précieux matériaux ! L’argile, broyée, malaxée, tassée, moulée, séchée et enfin cuite est transformée en briques et en tuiles. Le sable, lui, tapisse les moules en bois, pour que les briques n’y adhèrent pas. Quant aux galets, ils renforcent le mortier des fondations. C’est ainsi que du lit et des eaux de la Garonne est née Toulouse, teintée de rose, de rouge et d’orange. Baignée par les lumières du soleil couchant, la Ville Rose se révèle chaque soir intimement liée à son fleuve.

Itinéraire

Accédez à la carte détaillée de cette balade dans le PDF en bas de page.

Parc naturel du Confluent

2 h

  • Après le parking (1) et la barrière, longer l’allée goudronnée et tourner à gauche vers les « étangs de la Générale » (2).
  • Après les étangs de Bouchonnade et le champ, longer le bord de la Générale.
  • Au banc vert (3), tourner à gauche. Suivre le chemin qui traverse les Ramiers*.
  • A l’intersection (4), à gauche : cet aller-retour mène aux Boulbènes.
  • Si le gué est praticable, suivre le chemin. Faire demi-tour au second gué (équipé de traverses) (5).
  • De retour au point (4), continuer tout droit puis tourner à gauche.
  • Au croisement (6), prendre à gauche (grand platane).
  • Depuis la confluence (7), descendre la Garonne puis prendre le chemin à droite, pour rejoindre la Générale.
  • Longer l’allée principale jusqu’à l’allée goudronnée.
  • (8) Se diriger vers « La Graverasse » par le chemin de gauche.
  • Au croisement suivant, prendre à gauche, puis plus loin à gauche : une sente rejoint la Garonne (9).
  • Demi-tour, et à droite jusqu’au bac (10). Retour par l’allée goudronnée.

*Si c’est trop inondé : face au banc, prendre à droite puis la première allée à gauche. Point (4): continuer tout droit.

Accédez à la carte détaillée de cette balade dans le PDF en bas de page.

Toulouse

1 h 30

  • Départ depuis le Pont Neuf (métro Esquirol) (1). Emprunter le quai de La Daurade.
  • Au port, descendre sur le quai Lombard.
  • Au niveau de la place St-Pierre, remonter et longer le quai éponyme jusqu’au Bazacle (2).
  • Contourner le bâtiment EDF et longer la digue.
  • Traverser le pont des Catalans (3) et rejoindre la digue (escaliers).
  • Au Jardin Raymond IV (4), longer le fleuve par la passerelle en bois (accès fermé la nuit).
  • Continuer vers le port de Viguerie puis rejoindre le Pont Neuf par la rue Viguerie (5).
  • Variante : (6) prolonger le parcours par la Prairie des Filtres, (7) le pont St-Michel, (8) le pont de halage de Tounis et le quai de Tounis.

Accès en train, en bus

Gare SNCF de Toulouse Matabiau. Bus TAD119 arrêt « Parc Confluent » : départs quotidiens toutes les ½ h, de 6h à 0h30, de Ramonville Métro (ligne B). Pour le retour, réserver par téléphone au moins 2h avant. +33(0) 800 929 929 ou +33(0) 5 34 25 33 75 (6h30-21h30)

L’idée week-end

Le Muséum d’histoire naturelle de Toulouse et le Jardin botanique Henri Gaussen valent la visite +33(0)5 67 73 84 84

Infos - Hébergement

Office de tourisme de Toulouse +33(0)5 61 11 02 22

Vélô Toulouse vélos en libre service +33(0)800 11 22 05

Association Nature Midi-Pyrénées +33(0)5 34 31 97 32

Couverture de La Salamandre n°196

Cet article est extrait de La Salamandre
n° 196
Février - Mars 2010
Article N° complet

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