Une exploitation raisonnée de la forêt

Article extrait du dossier L'appel des pics
Pascal Junod, inspecteur forestier, soigne son bout de forêt pour en préserver un maximum de naturel. / © Sandro Campardo

Des réserves, fort bien ! Mais le vrai enjeu, n’est-ce pas la manière dont nous exploitons toutes les autres forêts  ?

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Nous avons besoin de bois ! C’est l’un des matériaux avec lesquels nous construirons notre avenir. Alors, est-il possible d’en produire de manière rentable dans des forêts à caractère naturel ? Oui ! Ce défi passionnant, des forestiers minoritaires et résolument modernes le pratiquent quotidiennement en Allemagne, en France comme en Suisse.

Agir moins, gagner plus !

Le principe est simple. La forêt n’est plus exploitée comme une usine à bois. Avant d’agir, le forestier observe la nature. Les pics, par exemple, ne sont plus considérés comme des nuisibles qui endommageraient quantité d’arbres sains, mais comme des alliés qui accélèrent le recyclage du bois mort et endiguent la prolifération de certains insectes ravageurs.

Vu le prix élevé de la main-d’œuvre, cette sylviculture, défendue notamment par l’association Pro Silva, propose d’agir avec parcimonie : on renonce à modeler la forêt de toutes pièces pour travailler par petites touches. Le forestier encourage la régénération naturelle des arbres. Il jardine en favorisant la diversité des essences comme des âges. Il épargne des vieux pieds. Il renonce à défoncer le sol avec des machines lourdes. Il vise enfin la rentabilité avec une production d’arbres de haute qualité à forte valeur ajoutée. Ces forêts exemplaires témoignent qu’économie peut et doit rimer avec écologie.

Couverture de La Salamandre n°191

Cet article est extrait de La Salamandre
n° 191
Avril - Mai 2009
Article N° complet

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