Mi-papillon, mi-colibri

Julien Perrot évoque le tichodrome, oiseau héros du numéro 217 de La Salamandre.

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Des déserts austères planent au sommet des Alpes. Sur ces plateaux enneigés et caillouteux, trois étages au-dessus des alpages vrombissants de criquets, la vie s’accroche entre deux pierres. Une vie modeste mais totalement sauvage, spontanée, épargnée de la mainmise humaine par l’altitude.
Aux portes du ciel, tout est plus fragile. Plus intense, plus coloré aussi. Chaque étoile blanche, chaque clochette bleue est une miraculée. Chaque cri d’insecte, chaque chant d’oiseau se teinte d’absolu. Et l’homme de passage rapetisse à sa juste mesure. Des horizons aussi purs et libres manquent cruellement à notre époque. Ils font du bien, ils réconcilient avec quelque chose d’essentiel qui nous échappe.
Là-haut apparaissent parfois de troublantes visions. Comme ce fantôme rouge qui virevolte dans la falaise. Le tichodrome. Mi‑papillon, mi-colibri. Qui est-il? Où va-t-il? Ou l’ombre d’un nuage qui noircit de grandes statues de pierre. Soudain, un souffle froid rafraîchit les pensées. Serait-ce l’esprit d’un être cher hélas disparu? Le souvenir d’un deuil? La montagne a ses mystères.
Le soleil revient. Il fait ressurgir la beauté inouïe du monde. Dans les crises, dans les épreuves de la vie, n’oublions pas la nature. Elle sera toujours là pour nous apporter la lumière.

Couverture de La Salamandre n°217

Cet article est extrait de La Salamandre
n° 217
Août - Septembre 2013
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