P’tit bonhomme à huit pattes

Article extrait du dossier Expédition tardigrades
Tardigrade reconstitué en images de synthèse / © Cédric Marendaz, vision d'artiste librement inspirée d'après Greven (1980) et marcus (1928)

Quel spectacle fascinant ! Devant nos yeux bouge un être prodigieusement miniaturisé fait de quelques centaines de cellules seulement. Comment ça marche un tardigrade ?

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La respiration

La petite taille du tardigrade le dispense de tout système respiratoire ou circulatoire. L’oxygène diffuse facilement à travers la surface de son corps pour atteindre sa cavité interne remplie d’un liquide incolore. Le brassage de ce jus est assuré par des contractions musculaires. Des cellules isolées flottent entre les organes dans ce grand vide intérieur. Elles portent les réserves de graisse du petit animal.

Les parasites

Tardigrade parasité / © Martin Mach

Les plus grands ennemis du tardigrade sont plus petits que lui. Ce sont des bactéries ou des champignons minuscules qui parviennent parfois à s’insinuer à travers son épiderme. Le parasite prolifère alors à l’intérieur de son corps et finit par avoir raison de lui.

La mue

Peau de tardigrade / © Martin Mach

La peau du tardigrade présente un nombre de cellules constant durant toute sa vie. Ces cellules produisent une cuticule dont l’animal doit périodiquement se défaire pour grandir. La mue commence par l’expulsion et le remplacement des deux stylets et du revêtement buccal. Puis le tardigrade s’extirpe entièrement de sa vieille enveloppe en abandonnant également ses griffes. Chez certains, ce sac vide peut servir d’abri protecteur. D’autres ont l’habitude d’y déposer leurs œufs ou encore d’y abandonner leurs excréments.

Les yeux

Yeux de tardigrade / © Martin Mach

Le tardigrade perçoit son environnement grâce à des épines et à des soies sensorielles. A celles-ci s’ajoutent souvent, mais pas toujours, deux yeux noirs ou rouges, formés chacun par l’association d’une cellule pigmentaire et d’une cellule nerveuse. Situé à proximité immédiate du cerveau, ce dispositif leur permet de réagir à la lumière. Des coupes anatomiques récemment analysées au microscope électronique suggèrent la présence d’une troisième cellule, transparente comme une lentille, qui ferait office de cristallin.

Les muscles

Muscles et nerfs de tardigrade / © Martin Mach

L’intérieur du tardigrade est bardé de faisceaux musculaires qui s’arriment à son épiderme selon un arrangement très précis. La coordination des nerfs qui commandent ces muscles permet à certaines espèces carnivores – les plus rapides ! – d’atteindre en marchant la faramineuse vitesse de 17 centimètres à l’heure.

La gueule

Gueule de tardigrade / © Martin Mach

La bouche du tardigrade est flanquée à gauche et à droite de deux redoutables coutelets que l’animal peut projeter en avant pour perforer ses aliments. Un bulbe musculeux prolonge le fond de sa gorge. Il fonctionne comme une pompe qui aspire le jus nutritif de la mousse, de l’algue ou du rotifère poinçonné. En vingt-quatre heures, un tardigrade herbivore peut vider de leur substance une dizaine de cellules végétales. L’individu dont on voit ici la tête et les organes buccaux est en train de s’extraire de sa mue.

Les organes

Tardigrade reconstitué en images de synthèse / © Cédric Marendaz, vision d'artiste librement inspirée d'après Greven (1980) et marcus (1928)
  1. Bouche
  2. Coutelets rétractiles
  3. Bulbe musculeux
  4. Intestin
  5. Œuil
  6. Cerveau
  7. Chaîne de ganglions nerveux
  8. Ovaires
Couverture de La Salamandre n°195

Cet article est extrait de La Salamandre
n° 195
Décembre 2009 - Janvier 2010
Article N° complet

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