Stratégies contrastées

Quand les milans noirs traversent le Sahara, ils attendent en lisière du désert des vents favorables. Ceux-ci leur permettront de parcourir jusqu'à 500 km par jour. / © Jérôme Gremaud (photo désert et plaine), Tomi Muukkonen (photo milan)

En février 2013, La Salamandre faisait le point sur les derniers exploits et les stratégies contrastées de Salam et Milou, les deux milans noirs suivis par satellite.

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Après avoir été équipé d'une balise géolocalisée par le biologiste Adrian Aebischer, Salam disparaît du ciel fribourgeois le 25 juillet 2011. Le 27 juillet au matin, il est à Lyon, puis à Montpellier à 17h. Le 6 août, Salam arrive en Afrique tandis que Milou, notre deuxième milan noir, parti plus tard, survole l'Auvergne. Le 28 septembre, Salam a déjà parcouru plus de 7'000 km. Au nord du Mali, il fait plus de 30°C. Le rapace exploite sans doute les grands essaims de criquets pèlerins favorisés par de récentes pluies.

Dans son blog, Adrian Aebischer s'enthousiasme pour les exploits de ses protégés. Il est surtout impressionné par les vagabondages que ces deux oiseaux décrivent dans le ciel africain. « Les quartiers d'hiver ne sont pas seulement des points précis où l'on se rend. Pour les milans noirs, ce sont de vastes zones de dizaines de milliers de kilomètres carrés qu'ils parcourent au gré des opportunités alimentaires. » Déjà durant le premier hiver, les stratégies diffèrent fondamentalement. Milou passe plusieurs mois à Dakar en compagnie de milliers de ses congénères. Pendant ce temps, Salam décrit un immense périple vers l'est qui l'emmène jusqu'au Niger.

Une visite surprise

A la mi-avril 2012, leurs parents couvent déjà certainement des œufs dans la campagne fribourgeoise. Tout indique que les deux jeunes vont rester tout l'été en Afrique... Coup de théâtre le 17 avril ! Milou pique plein Nord, traverse le Sahara en quatre jours, franchit Gibraltar le 7 mai, puis les Pyrénées trois jours plus tard. Il arrive en Suisse, d'abord dans le canton de Neuchâtel, puis à Fribourg. Les 2 et 3 juin, il séjourne tout près de son lieu de naissance, alors que Salam est à 4'000 km de là ! Le 21 juin, l'oiseau quitte la région pour la Savoie, puis l'Auvergne avant de partir pour le Grand Sud une semaine plus tôt qu'en 2011. Pendant ce temps, Salam esquisse une migration tardive jusqu'au Sahara occidental, avant de rebrousser chemin.

Pourquoi ces parcours si différents ? Mystère ! En tout cas, « ces deux histoires illustrent la flexibilité individuelle énorme des migrateurs. Les oiseaux ne savent évidemment pas lire, ils ne s'intéressent pas aux généralités qu'on raconte sur eux et n'hésitent donc pas à contrarier nos théories. » Fin novembre, Salam est de retour à Dakar tandis que Milou se dirige à nouveau plein Est jusqu'au Bénin qu'il atteint quelques jours plus tard. A ce jour, cet oiseau affiche plus de 20'000 km au compteur.

La suite des aventures des milans noirs avec un bilan effectué en juin 2014.

Suivez la position actuelle des milans noirs avec l'Opération Milan noir.

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