Que faire pour sauver la forêt des pics ?

Article extrait du dossier L'appel des pics
Pic épeiche nourrissant un jeune / © Sidamon-Pesson / Allemand

Il y a les forêts qui foisonnent de vie, pleines d'odeurs et de recoins magiques. Il y a celles qui résonnent par leur silence, disciplinées en rangs d'oignons. Les pics, véritables sentinelles, en souffrent. Que faire?

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Des réserves forestières !

La nécessité de restaurer des forêts sauvages soustraites à toute exploitation fait son chemin. La Suisse s’est fixé pour objectif d’augmenter d’ici à 2030 la superficie des réserves forestières de 2,3 % à 10 % des forêts du pays et le nombre des très grandes réserves de 7 à 30. La moitié de cette superficie serait totalement intouchée, l’autre pourrait faire l’objet de mesures ciblées pour protéger telle ou telle espèce menacée. On se réjouit que ces belles déclarations se concrétisent sur le terrain.
En France, cela bouge aussi. Trois vastes réserves forestières, Chizé, Maures et Vercors, viennent par exemple d’être instituées. Mais, à ce jour, seulement 0,8 % des forêts publiques ont été mises sous protection. L’Office national des forêts n’a pas d’objectif ambitieux en la matière. Même au cœur des parcs nationaux, cette agence d’Etat presque privatisée s’obstine à exploiter la plupart des massifs.

Créer des réseaux d’îlots

Dans les forêts exploitées, les scientifiques préconisent de laisser ce qu’on appelle des îlots de sénescence, des grands bouquets d’arbres sur une superficie d’au moins un hectare que l’on laisse vieillir, mourir et pourrir sur place. La présence de tels îlots mis en réseau les uns avec les autres a un énorme impact positif sur la biodiversité totale d’un massif forestier.
Laisser du bois mort sur pied fait souvent peur pour des questions de sécurité. Pourtant, personne ne s’étonne des chutes de pierres en montagne, ou des nombreux accidents de la circulation ! Devons-nous réellement tout sécuriser en forêt ?

Utiliser du bois labellisé

Plusieurs labels de qualité existent aujourd’hui pour le bois, qui attestent que les forêts de provenance ont été exploitées de manière durable. Parmi eux, FSC ou SwissQ. A l’heure actuelle, ces labels n’intègrent pas encore toujours suffisamment dans leurs critères l’importance du bois mort laissé sur place. Mais cette certification de l’origine et de la manière dont le bois a été exploité est dans tous les cas un progrès. Il faut, chaque fois que cela est possible, privilégier dans ses achats de tels bois labellisés. En espérant qu’ils seront de plus en plus massivement présents à prix abordable, par exemple dans les magasins de meubles.

Couverture de La Salamandre n°191

Cet article est extrait de La Salamandre
n° 191
Avril - Mai 2009
Article N° complet

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