Le bel opportuniste, d’Anne et Erik Lapied

Article extrait du dossier Qui es-tu renard ?
Image forte de renard roux tirée du film d'Anne et Erik Lapied / © Anne et Erik Lapied

Interview d’Erik Lapied, un réalisateur qui a flashé pour le rouquin.

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Erik Lapied, avec votre femme Anne, vous enchaînez depuis plus de 30 ans des films documentaires sur les animaux sauvages dans les Alpes. Qu’est-ce qui vous a décidé à faire un film sur le renard ?

C’était une vieille envie. Car cet animal fait tout simplement partie intégrante de notre vie. Quand nous allons observer le rut du chamois, les aigles ou les bouquetins, il est presque toujours là. Impossible d’imaginer la montagne sans lui.

Votre première rencontre avec cet animal ?

Cela remonte à ma petite enfance. Mon grand-père était agriculteur dans l’ouest de la France, près de Cholet. Un jour, il a piégé un renard qui s’en était pris à son poulailler. La bête empaillée trônait à côté de la cheminée. Les enfants n’avaient pas le droit de la toucher… mais évidemment, nous montions dessus en cachette. C’est mon premier souvenir d’animal sauvage, et à vrai dire l’un de mes premiers souvenirs tout court. Quant à la pauvre bête, abîmée par nos jeux, elle a fini à la déchetterie.
Quelques années plus tard, avec mon oncle naturaliste, j’ai eu la chance de voir mon premier renard vivant. Je devais avoir 8 ou 10 ans. Jamais je n’ai oublié ce premier face-à-face…

Comment avez-vous organisé le tournage ?

Contrairement à de nombreux réalisateurs animaliers, nous n’écrivons pas notre scénario avant d’aller chercher les images correspondantes. Nous faisons exactement l’inverse en partant de ce que la nature nous offre. Au fil des années passées en montagne, nous avons accumulé de très nombreuses séquences. Et puis, deux ans de suite, nous avons eu l’occasion de suivre successivement deux familles et de faire le plein d’images.
A force de les observer, nous avons petit à petit appris à les reconnaître individuellement… et eux aussi se sont un peu habitués à nous. Du moins certains d’entre eux car chaque renard a son caractère. Comme chez les hommes, il y a des confiants et des méfiants.

Vous êtes parvenus à filmer les renards en totale intimité. Avez-vous utilisé des animaux imprégnés ou aprivoisés ?

Bien sûr que non ! Donc il nous a fallu du temps, beaucoup de temps. Mais pour nous, le temps ne compte pas trop.
Au final, nous avons réuni tellement de documents que nous avons décidé de faire deux films. Le clan des renards fait découvrir la faune de montagne à travers la vie d’une famille de ces carnivores. Et Le bel opportuniste, réalisé pour La Salamandre, est une véritable monographie sur cet animal fascinant.

Pourquoi ce titre de Bel opportuniste ?

Parce que cela lui va comme un gant ! J’aime bien les titres qui ne livrent pas tout, qui donnent envie de creuser un peu le sujet. Le bel opportuniste, c’est un animal capable de coloniser de très nombreux milieux, y compris totalement artificiels… et aussi d’adapter son régime alimentaire à toutes les circonstances. Quoi qu’il arrive, le renard tirera toujours son épingle du jeu…

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Couverture de La Salamandre n°231

Cet article est extrait de La Salamandre
n° 231
Décembre 2015 - Janvier 2016
Article N° complet

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