Qui a vu l’amphibie ?

Campagnol amphibie / © Christian König

La Société Française pour l'Etude et la Protection des Mammifères mène l'enquête sur la raréfaction du campagnol amphibie. Pierre Rigaux joue au détective et nous emmène sur la piste de ce rongeur méconnu.

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Pierre Rigaux

Pierre Rigaux

Qui est le campagnol amphibie ?

Ce rongeur semi-aquatique vit comme un castor miniature. Il creuse un terrier sur la rive d'un cours d'eau dont l'entrée se trouve immergée. Alors que le castor ronge des branches, le campagnol grignote des herbacées dont il laisse les restes derrière lui comme autant de signes de sa présence. Il n'affiche en revanche pas d'adaptation particulière à la vie aquatique : pas de pattes palmées, une queue fine. Seul son pelage est plus dense que celui des autres campagnols.

Pourquoi une enquête nationale lui est-elle consacrée ?

Certains naturalistes commencent à s'inquiéter depuis quelques années, car ce mammifère de 200 g manque à l'appel dans de nombreuses régions. La SFEPM a lancé une action de recherche en 2008 dont nous connaissons les premiers résultats depuis peu.

Et les nouvelles sont hélas inquiétantes...

Il est confirmé que ce rongeur n'est jamais commun, sauf très localement dans certains secteurs des plateaux du Limousin et de Bretagne le long de petits ruisseaux préservés. Il n'a toutefois pas été localisé dans des zones propices comme la Planèze de St-Flour (15) ou la Comté (63). Autrefois commun en Camargue, il y est aujourd'hui très rare. On ne sait pas encore pourquoi. Il nous manque encore des données pour la Bourgogne, le Poitou-Charentes, Rhône-Alpes et la Picardie. Avis aux volontaires qui souhaiteraient prospecter ces zones en 2012 !

Quelles sont les exigences de cet aquaphile ?

Il pourrait être plus répandu car il s'adapte à des milieux très variés. On le trouve au bord des rivières, des étangs, des mares, mais aussi des marais saumâtres et des tourbières de montagne. Il peut vivre jusqu'à 2200 mètres d'altitude dans les Pyrénées. Il lui faut des sites préservés où la végétation n'a pas été tondue pour « faire propre » et lui offre un couvert indispensable pour se nourrir et se camoufler.

Couverture de La Salamandre n°208

Cet article est extrait de La Salamandre
n° 208
Février - Mars 2012
Article N° complet

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