Princesses des rocailles

Les occupants des murs de pierres / © Roger Megger

A l’instar des falaises naturelles, les murs de vignes offrent un vaste choix d’habitats aux plantes et aux animaux sauvages. Seuls des spécialistes et quelques opportunistes survivent dans ces conditions extrêmes.

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Saurez-vous reconnaître l'orpin blanc, la ruine de Rome, la rue des murailles, le maillot avoine, l'araignée sauteuse, le chalicodome des murailles, le gendarme et le bourdon des pierres ?

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L’orpin blanc - Avec ses feuilles boudinées capables de stocker l’eau comme des outres, l’orpin est bien armé pour supporter la sécheresse. On en voit souvent vautrés en coussins denses sur le haut des murs. Leur pouvoir de colonisation est immense : chaque feuille est une bouture en puissance. Elle se détache facilement de la plante-mère et prend vite racine.
La ruine de Rome - Plante aux délicates fleurs violettes, elle tombe en légers rideaux de tiges entremêlées le long des murs bien exposés. Après la pollinisation, les tiges porteuses de fruits fuient la lumière et s’enfilent dans la pénombre des creux et des fissures… pour y déposer leurs graines !
La rue des murailles - Pionnière par excellence, cette petite fougère pousse aussi bien sur les faces ombragées des murs qu’en plein sud. Pour autant qu’elle trouve un peu de limon pour ancrer son rhizome. Au soleil, ses frondes se recroquevillent et se rigidifient pour limiter les pertes d’eau.
Le maillot avoine - Cet escargot ne fréquente que les murs calcaires, dont les sels minéraux lui sont indispensables pour fabriquer sa coquille. Il se nourrit de lichens crustacés fixés à la pierre, dont il racle la surface. Il prépare ainsi le terrain pour d’autres plantes saxicoles.
L’araignée sauteuse - Salticus scenicus est une araignée aux grands yeux. Elle saute sur ses proies après s’en être approchée en catimini.
Le chalicodome des murailles - Abeille solitaire, le chalicodome fore son nid dans le vieux mortier des murs. Il utilise des cavités existantes ou les construit avec un ciment fait de sable, de terre et de salive. L’insecte colle ce mortier « maison » à l’abri du mur avant d’y pondre ses œufs.
Le gendarme - Des groupes de gendarmes, aussi appelés cherche-midi, se chauffent sur les pierres basses. Ces punaises bigarrées se nourrissent entre autres de petits débris animaux et végétaux. A la fin de la belle saison, les adultes se réfugient dans les fissures pour hiverner.
Le bourdon des pierres - Au printemps, la reine du bourdon des pierres construit volontiers son nid d’herbes et de mousses entre les moellons des murs. La colonie atteint sa population maximale en été. Tous ses habitants sauf les jeunes reines mourront à l’automne.

Balade botanique à la verticale ! Reconnaissez les plantes qui s'accrochent aux vieux murs avec le Miniguide n°28 de La Salamandre : Plantes des murs.

Retrouvez tous les articles du dossier : Des murs pour la vie.

Couverture de La Salamandre n°181

Cet article est extrait de La Salamandre
n° 181
Août - Septembre 2007
Article N° complet

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