Pas facile d’être un bourdon

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Dur dur d'être un bourdon

Le bourdon est encore sous les feux de l’actualité. Deux nouvelles études prouvent que les pesticides jouent un grand rôle dans le déclin des pollinisateurs. Cette fois, les résultats ont de quoi clouer le bec aux géants agrochimiques.

Il était une fois…
Introduits au milieu des années 90, les néonicotinoïdes sont à présent les insecticides les plus utilisés au monde. Depuis deux ans plus d’une centaine d’études se sont succédé pour dénoncer leurs effets dévastateurs sur les abeilles et bourdons. Pour l’instant, trois insecticides de ce groupe font l’objet d’un moratoire en Europe et en Suisse, sur les cultures de colza et de maïs. Cette interdiction temporaire sera réexaminée à la fin de l’année en fonction des résultats des recherches.

Accros au poison ?
L’un des principaux arguments avancé par les firmes agrochimiques est que les pollinisateurs sont capables de repérer et éviter les substances nocives. Or une étude a taillé en pièces cette affirmation. Non seulement les abeilles sauvages ne sont pas dotées de neurones gustatifs capables de les détecter, mais en plus elles seraient attirées par le nectar contenant des néonicotinoïdes. Ces molécules agiraient sur le système de la récompense un peu comme nos produits stupéfiants.

La pente est raide
Une autre équipe de chercheurs a comparé des parcelles traitées avec des témoins non traités dans plusieurs types de paysage. Les résultats sont sans appel : réduction drastique des populations, diminution du poids, du taux de reproduction, de l’activité de nidation… C’est dire !

Et le miel alors ?
Bien que les effets des pesticides soient plus difficiles à mesurer chez l’abeille mellifère, il semblerait qu’elle y soit moins sensible. L’abeille domestique, symbole du déclin des pollinisateurs, n’est donc en réalité pas le meilleur porte-parole sur l’état de la biodiversité. Comme elle vit tout de même une chute d’effectifs inquiétante, on n’ose pas imaginer ce qu’il en est de ses cousins sauvages.

En attendant, ce sont les multinationales qui se font leur miel de tout ce désastre. Leurs intérêts auront-ils le dernier mot sur le principe de précaution que devraient mettre en œuvre les politiques ? La réponse en 2016.

 

N°226 bourdons C’est en connaissant la nature qu’on a envie de la protéger. Plus que jamais, parlez autour de vous de la vie fascinante du bourdon, un allié essentiel.

L’occasion de se replonger dans notre numéro 226 sur les bourdons.

 

Dessin: © Benoît Perrotin
Source: Le Temps

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