Partir sur les traces des mammouths

Article extrait du dossier L'automne des mammouths
Lendemain de bivouac dans la Puszta, sur la piste des mammouths. / © Benoît Renevey

Vendredi 11 septembre 2009, trois complices prennent le train de nuit pour Budapest. A la recherche d'un temps perdu... celui des mammouths.

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Avant la Hongrie

Où aller pour planter le décor dans lequel vivaient les mammouths légendaires ? Au mois de juin 2009, avec le dessinateur Laurent Willenegger et le photographe Benoît Renevey, nous avons l'idée de nous rendre à l'automne dans les montagnes de Norvège. Des paysages de glaciers et de toundra fourniront la matière première à un dossier à paraître une année plus tard. A défaut de mammouth, nous pourrons y vivre l'approche du bœuf musqué, survivant de l'époque glaciaire.

Coup de théâtre ! En commençant à me documenter, je réalise que les mammouths vivaient dans un décor totalement différent : une steppe herbeuse au climat froid qui s’étirait autrefois d'Espagne jusqu'en Alaska. Adieu Norvège ! Nous revoyons nos plans en direction de la Mongolie, puis du Kazakhstan. La steppe d'Asie centrale n'est pas exactement celle d'il y a 20'000 ans, mais on peut espérer y observer l'antilope saïga, également contemporaine des pachydermes laineux. Hélas, le Kazakhstan a deux inconvénients. D'abord, on ne peut s'y rendre qu'en avion. Et puis, 500 essais nucléaires ont été faits non loin de la région qui nous paraît la plus intéressante…
Nous revoyons donc nos plans dans une variante à la fois plus simple et plus écologique. C’est en train que nous partons le soir du
11 septembre en direction de Budapest et de la Puszta, la steppe actuellement la plus proche d'Europe occidentale.

Le guide de la Puszta

Bienvenue en Hongrie ! Au pays du vent, des midis brûlants et des herbes ocre, les raisons de notre visite en surprennent plus d’un. Qui sont ces trois touristes bardés de jumelles, carnets d’aquarelles et caméra qui prétendent explorer la steppe pour s’imprégner d'ambiances préhistoriques ?

Laurent Willenegger en compagnie des deux peintres naturalistes Szabolcs Kókay et Márton Zsoldos. / © Benoît Renevey

Dès notre arrivée, nous sommes accueillis par le dessinateur naturaliste Szabolcs Kókay. Ce fin connaisseur de la Puszta nous accompagne sur le territoire des faucons kobez et des grandes outardes. C’est là, au cœur du Parc national d’Hortobagy, que commence à prendre corps l'empire disparu du mammouth laineux. A force d'enchaîner notes, aquarelles et photos, le décor de notre reconstitution préhistorique se précise, ses ambiances aussi, ses couleurs, ses odeurs, Mais, sans bœufs musqués ni antilopes à approcher, vivrons-nous tout de même l'émotion d'une rencontre avec un mammifère de cette lointaine époque ?

Un troupeau d'époque

Grâce à l’entregent de Szabolcs Kókay, nous partons par un après-midi pluvieux pour un safari inespéré. Un biologiste tenue kaki et chapeau d’explorateur vissé sur la tête nous emmène dans une jeep bâchée. Notre guide franchit quelques marigots à vive allure puis s’arrête devant une imposante clôture électrique : « pour éviter tout risque d'hybridation avec des animaux domestiques » . Une fois le portail ouvert, la vraie aventure commence dans un enclos de 2500 hectares dédié au cheval de Przewalski.
Après deux heures de recherche, nous parvenons à approcher un troupeau de ces animaux magnifiques. Large encolure, robe isabelle, chaussettes rayées. Décidément, l’Afrique et ses zèbres ne sont pas loin…

Couverture de La Salamandre n°200

Cet article est extrait de La Salamandre
n° 200
Octobre - Novembre 2010
Article N° complet

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