Des milliers de cigognes à Besançon

Samuel Maas / © Mélanie Paris

Quel est cet engouement que portent les cigognes sur la ville de Besançon? Eclairages par Samuel Maas, coordinateur du suivi de l'oiseau en Franche-Comté.

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Samuel Maas, vous êtes coordinateur du suivi de la cigogne blanche en Franche-Comté pour la LPO. Vous parlez volontiers de milliers de cigognes. Besançon voudrait-elle détrôner Strasbourg l’Alsacienne ?

Absolument ! Et bientôt Istanbul ou Jérusalem (rires). Plus sérieusement, plusieurs milliers de cigognes survolent en effet chaque année la capitale franc-comtoise. Durant leur voyage, la vallée du Doubs s’impose tout naturellement comme corridor entre l’axe du Rhône et celui du Rhin. Avec sa citadelle Vauban et ses nombreux espaces verts, notre ville offre également une halte riche en perchoirs. Et ses collines exposées produisent des courants thermiques très appréciés par ces grands planeurs.

Où vont toutes ces migratrices ?

La plupart des bagues lues à Besançon indiquent une origine dans la vallée du Rhin et des Länder du sud-ouest de l’Allemagne. Mais cela ne veut pas forcément dire qu’elles vont nicher là où elles sont nées. Et puis, dans chaque groupe, il y a plusieurs provenances. En 2015 par exemple, la cigogne bâloise HES SE835 a été observée à l’aller en février puis au retour le 28 août avec trois individus suisses et six d’origine allemande.

Sont-elles de plus en plus nombreuses et précoces ?

Les cigognes passent aux mêmes dates qu’auparavant. Mais leur nombre explose… et il y a des éclaireuses en janvier qui suscitent toujours l’intérêt des médias. Il y a vingt ans, il fallait être attentif et curieux pour voir une cigogne ici. Aujourd’hui, on peut en observer presque chaque jour en février ou en mars. Il suffit de lever la tête.

Besançon restera-t-elle ville étape ou aura-t-elle bientôt son premier nid de cigogne ?

Un couple nicheur est revenu dans la région en 1991. Aujourd’hui, on en connaît 17 tous encore assez éloignés de Besançon. L’oiseau gagne du terrain par le Territoire de Belfort, fort logiquement depuis l’Alsace. Alors oui, on peut rêver…

Couverture de La Salamandre n°233

Cet article est extrait de La Salamandre
n° 233
Avril - Mai 2016
N° complet

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