Martin-pêcheur, le tropical

Les couleurs du martin-pêcheur nous rappellent son origine tropicale. / © Danny Green

On dirait un petit morceau de ciel perché au-dessus de l’eau. D’où vient le martin-pêcheur qui vit le long de nos rivières ?

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Le ventre orangé du martin-pêcheur, ses pattes rouge corail et surtout ses plumes bleu saphir évoquent un oiseau totalement exotique. Et en effet, la tribu des martins compte 92 espèces principalement réparties sous les tropiques. Tous ont une silhouette trapue, des pattes courtes, un bec puissant taillé comme un poignard. La plupart portent des couleurs vives aux reflets irisés. Les scientifiques situent l’origine de ces jolis oiseaux dans la grande jungle humide de Malaisie. Aujourd’hui encore, c’est là-bas que l’on en trouve le plus de formes, de tailles et de couleurs différentes réparties à tous les étages de la forêt pluviale.

Les ancêtres des martins-pêcheurs chassaient probablement des proies au sol qu’ils repéraient perchés à l’affût sur une branche. Avec le temps, certaines lignées se sont spécialisées dans la capture d'insectes en plein vol. Ces martins-chasseurs, comme on les appelle, peuvent vivre très loin de l’eau. Le martin-chasseur à dos de feu par exemple habite les déserts les plus secs d’Australie. D’autres ont appris à plonger. Ils vivent de poissons, de grenouilles et d’insectes aquatiques, ce sont les martins-pêcheurs proprement dits.

Parmi ces bijoux colorés, une seule espèce s’est aventurée chez nous : le martin-pêcheur d’Europe. Mais nos hivers les plus rigoureux gèlent ses terrains de pêche. Pour compenser des pertes parfois terribles, il n’a d’autre choix que de vivre à cent à l’heure et d’enchaîner chaque année deux, trois, voire parfois même quatre nichées nombreuses.

Le tour du monde des martins

Martin-pêcheur, une histoire de famille tropicale

Martin-chasseur des Gambier / © Albar G./Sop Manu

Sur un seul atoll Le martin-chasseur des Gambier est un oiseau rarissime dont on ne connaît plus qu’environ une centaine d’individus sur Niau, un atoll de 8 km de diamètre au milieu du Pacifique. Chaque couple élève un seul petit par année dans une cavité creusée dans un cocotier mort.

Martin-pêcheur, une histoire de famille tropicale

Martin-pêcheur pourpré / © Neil Bowman / FLPA

Dans la jungle Le martin-pêcheur pourpré vit dans les forêts tropicales d’Asie. Il se nourrit essentiellement d’insectes comme toutes les espèces qui ont le bec aplati en hauteur. Les espèces piscivores ont plutôt un harpon élargi sur les deux côtés.

Martin-pêcheur, une histoire de famille tropicale

Martin-pêcheur huppé / © Bernd Rohrschneider/FLPA

Avec les hippos Le martin-pêcheur huppé est très répandu au bord des rivières ou des étangs d’Afrique subsaharienne. On le trouve pratiquement partout où il y a de l’eau à condition de disposer de buissons ou d’herbes hautes comme postes d’affût.

Martin-pêcheur, une histoire de famille tropicale

Kookaburra ou martin-chasseur géant / © Michel Lefèvre / Biosphoto

Sydney, centre-ville ! Avec 500 grammes et 45 cm de long, le kookaburra ou martin-chasseur géant est le plus gros martin du monde. Cet oiseau très présent dans la mythologie aborigène a un chant sonore. Il résonne comme un ricanement rauque jusqu’au cœur des grandes villes australiennes.

Martin-pêcheur, une histoire de famille tropicale

Martin-pêcheur d’Amérique / © Alan Murphy / Minden Pict

Du Canada au Venezuela Chez le martin-pêcheur d’Amérique, l’une des rares espèces qui vit hors des tropiques et qui peuple le Nouveau Monde, c’est la femelle qui a le plumage le plus coloré. Cet amateur de poissons d’eau douce ou salée localise sa proie perché sur un arbre, un pylône ou un débarcadère, puis il fond droit sur elle.

Martin-pêcheur, une histoire de famille tropicale

Martion-pêcheur d'Europe / © Danny Green

En Europe… et ailleurs ! Le martin-pêcheur d’Europe s’étend largement au-delà du continent dont il porte le nom. Sept sous-espèces se répartissent un immense espace du Maghreb jusqu’en Sibérie, en Chine, en Inde et jusqu’en lointaine Indonésie.

C’est un cadeau coloré qui vit bel et bien tout près de chez nous, mais un cadeau qui se mérite. Il faut le chercher, l’attendre. Quand il s’arrête enfin, qu’il se perche sur une branche ou sur un roseau, il brille de tous ses feux. Mais son habit de lumière peut aussi s’évanouir comme par magie dans l’ombre des feuillages.

Distribution de quelques espèces de martins / © Jean-Luc Wisard
Couverture de La Salamandre n°223

Cet article est extrait de La Salamandre
n° 223
Août - Septembre 2014
Article N° complet

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