Le roi des pêcheurs s’appelle martin

Sous l'eau, le martin-pêcheur protège son œil par une sorte de paupière appelée membrane nictitante. / © Mark Bridger

C’est un éclair qui plonge, puis ressort de l’eau. Ablettes et vairons, planquez-vous, voilà le martin-pêcheur!

Avatar de Julien Perrot
- Mis à jour le
Article d'origine par

Quand il n’est pas en train de patrouiller aux quatre coins de son royaume pour éviter qu’un intrus ne vienne piller son garde-manger, le martin-pêcheur se poste à l’affût. Il choisit une branche, une tige, un ponton, un bateau ou tout autre support qui offre une vue plongeante sur l’eau, idéalement à un ou deux mètres de hauteur. Ses pattes aux doigts partiellement soudés paraissent ridiculeusement courtes ? Leurs griffes puissantes font miracle et lui permettent de se maintenir fermement sur tout type de perchoir même métallique.
Il attend, il regarde, il scrute. Et rien n’échappe à ses yeux capables dit-on de repérer un petit poisson à 25 mètres de distance. Au bout d’un moment, si rien ne se présente, le martin-pêcheur va tenter sa chance ailleurs en lançant quelques cris aigus. Mais il a ses habitudes et reviendra tôt ou tard au même endroit.
En revanche, s’il devine ne serait-ce qu’un reflet suspect, tout son corps se met en alerte. L’oiseau incline sa tête chercheuse de gauche, de droite, vers le bas. En un instant, il précise la localisation de sa proie et calcule sa trajectoire. A cause de la réfraction de l’eau, l’alevin ou la larve de libellule ne sont pas exactement où il les voit mais légèrement décalés. L’expérience lui a appris à corriger cet effet d’optique… Plouf ! Toc ! En deux secondes, il est de retour, une ablette au bec. Trois coups d’assommoir contre la branche et glups c’est réglé : la bestiole est avalée entière et tête la première.

Que s'est-il passé sous l'eau?

Séquences de chasse du martin-pêcheur / © Anthony House
Martin-pêcheur, l'ennemi juré des poissons

Martin-pêcheur en train d'assommer un poisson / © Frédéric Desmette / BIOSPHOTO

Assommoir anti-épines

Avant d’avaler sa proie tête la première pour qu’elle glisse dans le sens des écailles, le martin-pêcheur l’assomme à grands coups contre son perchoir. Certains poissons comme les épinoches ont en effet des piquants qu’ils peuvent dresser en cas de danger. Mais une fois morts, leurs armes défensives se rabattent naturellement et ne risquent plus de lui trouer le cou.

Martin-pêcheur sur le point de régurgiter les restes de ses repas / © Pascal Engler
Martin-pêcheur, l'ennemi juré des poissons

Pelote de réjection du martin-pêcheur / © Jean-Lou Zimmermann

Pelotes d’arêtes

Le martin-pêcheur capture des alevins et des petits poissons d’une longueur inférieure à 10 cm, surtout des épinoches, goujons, chevaines, gardons, perchettes, ablettes et vairons. Et aussi des grenouilles et des larves aquatiques.
Commeles rapaces, il crache des pelotes de réjections qui contiennent tous les restes non digérés. Ces boules se désagrègent le plus souvent dans l’eau. Mais celles que les scientifiques retrouvent permettent de reconstituer précisément son régime alimentaire.

Couverture de La Salamandre n°223

Cet article est extrait de La Salamandre
n° 223
Août - Septembre 2014
Article N° complet

Réagir