Manteau de forêt pour l’Oural

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La forêt gagne de l’altitude dans l’Oural. Des chutes de neige plus abondantes protègeraient les jeunes arbres de la rigueur hivernale!

Imaginez l’Oural, cette ancienne chaîne de montagnes qui traverse de toute son immensité la Russie du Nord au Sud, à cheval entre l’Europe et l’Asie. Imaginez encore que dans cette zone reculée flotte comme un air de satisfaction.

Hip hip hip Oural ! Doit penser la forêt, car elle s’étend lentement mais sûrement malgré la rudesse du climat. Les sommets les plus élevés situés au Sud et au Nord de l’Oural sont déjà chatouillés par des arbres téméraires. Au rythme de quatre à huit mètres tous les dix ans, la forêt continue son extension, visible par les nombreuses pousses qui s’aventurent au-delà de la limite forestière.

Zut ! Doit se dire la toundra… elle qui couvre les zones ouvertes au-delà des derniers arbres. Elle perd du terrain et est poussée dans ses derniers retranchements par la forêt. En toute vraisemblance elle risque de disparaître totalement de certaines zones. Pour arriver à ce constat, des chercheurs de l’Institut fédéral de recherches sur la forêt, la neige et le paysage (WSL) et de l’Institut d’écologie végétale et animal d’Ekaterinbourg ont déterminé l’âge de 11’100 arbres et comparé 450 photos historiques et actuelles du paysage.

La progression des forêts est nettement visible entre 1929 et 2009

La comparaison de photos historiques et récentes montre clairement la progression des forêts ouraliennes – Photo: Stepan Shiyatov, Institut d’écologie végétale et animale d’Ekaterinbourg. Source: wsl.ch

La science a toujours considéré que l’extension de la végétation en altitude résultait de l’augmentation des températures estivales. Pas forcément ! Peuvent désormais affirmer les chercheurs. En analysant des paramètres climatiques locaux, ils n’ont constaté aucune évolution de températures notable au cours du XXe siècle, hormis un adoucissement hivernal. En revanche, les précipitations neigeuses sont bien plus abondantes en hiver.

Les scientifiques pensent ainsi que l’épais manteau neigeux constitue un rempart protecteur contre les fortes tempêtes et les impacts provoqués par les cristaux de neige. Cette couverture neigeuse protègerait aussi les jeunes arbres du gel et isolerait les sols désormais moins froids. De ce fait, les températures entravent moins les échanges nutritifs dans le sol et profitent à la croissance de la végétation.

Dans les Alpes, la limite de la forêt se décale aussi en altitude. Mais l’étude de cette progression serait biaisée par un autre facteur qui la favorise: l’influence humaine. En effet, suite à la déprise agricole, de nombreux alpages abandonnés se reboisent naturellement. Car les jeunes pousses ne sont plus croquées par les moutons et les vaches avant d’atteindre une taille respectable.

 

Source : wsl.ch

Photo en Une : Alessandro Staehli

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