L’heure du crash

Article extrait du dossier Libellules, les filles de l'air
Grenouille rieuse dévorant une aeschne bleue / © Gilles Martin

Une carlingue cabossée, de nombreuses heures de vol, la libellule arrive en bout de course. L'atterrissage est rarement maîtrisé.

Avatar de Fleur Daugey
- Mis à jour le
Article d'origine par

Pour une libellule adulte, l'expression « elle ne passera pas l'hiver » est une évidence. Seule la brunette hivernale hiberne, seule ou en groupe, sous des pierres, au creux des mousses ou des écorces. Pour toutes les autres, un été éprouvant s'achève. Mâles et femelles ont passé des semaines à défendre un territoire, aligner les conquêtes ou échapper à des avances pressantes, s'éreinter à pondre au meilleur endroit, au meilleur moment. Tout cela sans oublier de chasser et d'éviter de se trouver capturé par un prédateur.
La rançon d'une saison frénétique ? L'épuisement. Les deux sexes en perdent leurs couleurs. A force de luttes intestines et d'amours sauvages, certaines affichent des ailes déchirées, parfois amputées de moitié. Et pourtant, elles volent encore, décidées à vivre jusqu'au bout. Nombreuses sont celles qui sont déjà passées de l'autre côté, happées par un habile guêpier ou engluées entre les doigts fatals d'un droséra. Les survivantes hagardes que l'on croise en début d'automne s'endormiront bientôt, doucement emportées par les premières gelées.

Couverture de La Salamandre n°210

Cet article est extrait de La Salamandre
n° 210
Juin - Juillet 2012
Article N° complet

Articles sur le même sujet

Réagir