Les saisons de la ruche

Après l’envol, l’essaim gorgé de miel se pose dans les parages de la ruche. Des éclaireuses partent en quête d’un nouveau domicile. Les colonies sauvages sont rares, car les apiculteurs ont tôt fait de récupérer les fuyardes. / © Eric Tourneret

Croître, prospérer, essaimer. Tel semble être le credo des abeilles domestiques. Approche en quatre saisons.

Avatar de Aino Adriaens
- Mis à jour le
Article d'origine par

Au printemps, la ruche bourdonne à plein régime. Stimulées par l’allongement des jours et les premières récoltes de pollen, des ouvrières bâtissent les cellules de couvain. D’autres gavent de protéines les larves fraîchement écloses. La reine, qui a commencé à pondre en janvier déjà, encourage ses troupes à grand renfort de signaux chimiques.

La cité de cire vibre et croît

En mai et juin, Sa Majesté est au meilleur de sa forme. Si elle est ravitaillée correctement, elle peut pondre jusqu’à 2’000 œufs par jour. Ils deviendront abeilles en 21 jours à peine. Conséquence ? La colonie explose.

Si l’apiculteur n’intervient pas rapidement pour donner de la place aux ouvrières, la reine et quelques milliers de sujets s’envoleront pour fonder ailleurs une nouvelle colonie : c’est l’essaimage.

Dans leurs alvéoles operculées depuis huit jours, les larves se sont transformées en nymphes. Il faudra compter 4 jours de plus pour que les abeilles éclosent. / © Eric Tourneret

Récoltes et coup de balai

Tout l’été, les abeilles triment pour engranger nectar, miellat et pollen. Leurs réserves serviront aux jours de pluie et pour passer l’hiver.

A la fin de la miellée d’été, en général début août, les abeilles chassent sans ménagement les faux-bourdons hors de la ruche. Les ouvrières ont bien assez de bouches à nourrir sans encore s’occuper des mâles qui, après les vols nuptiaux, ne servent plus à rien !

En grappe

A l’automne naissent les premières abeilles d’hiver. La colonie doit en élever 8 à 12’000 pour hiverner dans de bonnes conditions. Ces abeilles ressemblent à s’y méprendre aux autres, mais vivent 6 à 9 fois plus longtemps. Dès que le froid s’installe, elles ne produisent plus de couvain et forment une grappe vers l’avant de la ruche. En contractant leurs muscles thoraciques, elles maintiennent une température constante d’environ 30 °C au centre de la grappe, contre 7 °C en surface. L’énergie nécessaire à cet exercice est puisée directement dans les réserves de miel. Il n’en faudra pas moins de 15 kg pour tenir jusqu’au printemps !

Les trois castes

Toute société d’abeilles domestiques se divise en 3 castes : la reine, des dizaines de milliers d’abeilles et entre 100 et 1'000 faux-bourdons.

Ouvrière abeille reine faux-bourdons

Ouvrière (en haut), reine (en bas) et faux-bourdons (à droite) / © Paul Starosta

> Les ouvrières

Leurs tâches varient en fonction de leur âge. Elles sont tour à tour nettoyeuses (1-2 jours), nourrices (3-12 jours), réceptionnistes de nectar, bâtisseuses et gardiennes (12-20 jours). Puis enfin butineuses, du 20e jour jusqu’à la fin de leur vie.

Une ouvrière utilise son dard pour défendre la colonie contre les intrus. Si elle pique une peau élastique, l’aiguillon dentelé y reste planté. Résultat? Une partie de son abdomen est arraché et elle meurt. La reine par contre a le dard lisse et bien accroché.

> La reine

Véritable machine à pondre, la reine a un abdomen généreux. Lors du vol nuptial, elle y stocke une réserve de spermatozoïdes issus de mâles différents. Celle-ci garantit 3 à 4 années de ponte. Les phéromones qu’elle dégage jouent un rôle essentiel dans la cohésion de la société.

> Les faux-bourdons

Les mâles n’ont ni dard, ni trompe pour butiner. Ils ont par contre d’immenses yeux et des antennes ultrasensibles leur permettant de repérer les reines de loin lors des vols nuptiaux. Leur rôle se résume à féconder en l’air les reines des colonies étrangères. Ils les rencontrent sur des places de rassemblement situées à plusieurs kilomètres de la ruche et à quelques dizaines de mètres de hauteur.

Retrouvez tous les articles du dossier : La révolution des abeilles.

Couverture de La Salamandre n°185

Cet article est extrait de La Salamandre
n° 185
Avril - Mai 2008
Article N° complet

Articles sur le même sujet

Réagir