Les plantes carnivores en 10 chiffres

Drosera x obovata / © Julien Perrot

On n'est jamais au bout de nos surprises avec les plantes carnivores. La preuve par dix.

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Tel est le nombre de nouvelles espèces de plantes carnivores découvertes ou décrites en moyenne chaque année depuis l’an 2000. Actuellement, on en connaît à peu près 680 réparties sur les cinq continents, ce qui fait quand même peu sur 250’000 végétaux décrits.

4 semaines

seulement après leur germination, les plantules de népenthès de Madagascar produisent déjà de petites urnes remplies de liquide digestif. Sur un sol pauvre, la possibilité pour un très jeune végétal de compléter son alimentation avec des insectes peut être un avantage décisif.

150 pays

sont signataires de la Convention de Washington qui réglemente le commerce international de 34’000 espèces d’animaux mais aussi de plantes sauvages. Parmi ces dernières figure malheureusement une proportion importante des végétaux carnivores connus. Beaucoup sont menacés par la destruction de leur habitat, mais aussi par le pillage des populations sauvages qui alimente un fructueux commerce. Paradoxalement, les dionées, sarracénies et népenthès sont aujourd’hui victimes de l’intérêt que nous leur portons.

90%

Telle est la proportion des tourbières qui ont disparu de Suisse durant le XXe siècle. En France, on estime qu’une tourbière sur deux a été rayée de la carte depuis 1945. Extraction de tourbe, intensification de l’agriculture, assèchements, contamination par des engrais, destruction par simple piétinement… Les hauts marais ont besoin de milliers d’années pour se former par accumulation de tourbe. Ces milieux naturels extrêmement menacés abritent une faune et une flore spécialisées parmi lesquelles des droséras, des grassettes et des utriculaires carnivores.

6 millions

Incroyable mais vrai. En 1944, l’entomologiste anglais Oliver assiste à une scène apocalyptique. Il voit un nuage de papillons épuisés par la traversée de la mer du Nord se poser sur la côte de Norfolk… pour leur plus grand malheur sur une tourbière couverte de droséras. Oliver estime le nombre de piérides mortellement scotchées à 6 millions.

163

C’est le nombre d’espèces de droséras actuellement répertoriées dans le monde. La plus forte diversité de ces plantes carnivores se concentre en Australie avec une septantaine d’espèces localisées dans la région de Perth. Beaucoup de droséras poussent sur des sols sableux extrêmement pauvres où ils résistent aux feux de brousse grâce à des rhizomes souterrains. Leurs feuilles à tentacules glanduleux peuvent avoir toutes sortes de formes. Il existe même une espèce grimpante. En Europe, on ne connaît que trois espèces qui vivent sur des tapis de sphaignes ou dans des landes tourbeuses.

80%

Tel est approximativement le pourcentage d’azote, de phosphore et de potassium que le droséra est capable de récupérer d’une feuille sénescente avant que celle-ci ne tombe. Dans la tourbière si pauvre en nutriments, (presque) rien ne se perd.

Les plantes carnivores en dix chiffres

« Un inbsecte digéré qu’on ne reconnaît même plus: Diptère? » / ©  Jérôme Gremaud

227

Tel est le nombre d’espèces d’utriculaires connues, ce qui fait de ce genre de plantes carnivores le plus diversifié au monde. On en trouve dans presque tous les pays à l’exception des archipels isolés et des contrées les plus arides comme l’Arabie saoudite. Si les espèces européennes sont toutes aquatiques, la majorité des formes tropicales poussent sur des terrains humides. Invisibles sous terre, leurs outres aspirent des nématodes, des rotifères ou des tardigrades.

3 litres

Telle est la capacité maximale du plus grand piège végétal au monde, l’urne du Nepenthes rajah. Cette plante vit à l’état sauvage exclusivement sur deux montagnes de Bornéo. Elle se nourrit surtout de fourmis, mais il lui arrive aussi de digérer des grenouilles, des lézards ou même des bébés rats venus s’abreuver.

61 millions

Tel est le nombre de bases (ou de lettres si vous préférez) du génome de la plante carnivore Genlisea tuberosa. Un séquençage d’ADN réalisé voici quelques mois en fait le végétal au plus court patrimoine génétique au monde. Avec 2 millions de bases, certains de ses chromosomes sont plus petits que ceux d’une bactérie.

Couverture de La Salamandre n°228

Cet article est extrait de La Salamandre
n° 228
Juin - Juillet 2015
Article N° complet

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